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mardi 25 mai 2010

Petite fin de semaine en Hollande

Pour ceux qui se sont rendus compte, mes derniers mois en Europe sont surtout caractérisés par des escapades un peu partout hors de Paris. Je ne pourrai pas bien expliquer les raisons qui me poussent à voyager autant. Plusieurs facteurs sont pourtant bien identifiés. L'urgence de fuir Paris serait probablement la raison principale cette année. Le besoin de changement, la nécessité de découvrir autre chose que mon propre monde, la possibilité et les moyens aussi de le faire.

Donc, mon avant-dernière destination avant le grand retour fut Zwolle, une petite ville peu connue en Hollande. Pour ceux qui lisent mon blogue assidûment se rappellent peut-être des deux Néerlandais, Bob et William, que j'avais hébergé à Paris durant le temps des fêtes. Parmi la cinquantaine de gens que j'ai accueilli cette année, ceux-ci m'ont donné une impression durable par leur bonne humeur et leur spontanéité. Je leur avais promis que j'allais leur rendre visite avant mon départ. Généralement, on dit toujours cela entre voyageurs, et ça se concrétise rarement, mais cette fois-ci, je tenais à respecter cet engagement.

J'ai donc pris un jeudi soir le bus de nuit (Eurolines) en destination d'Utrecht. C'est toujours aussi désagréable: impossibilité de dormir, trop sombre pour lire, pris avec un gros gars qui se sent obligé de dormir les coudes enfoncés dans ton flanc. Toutefois, ça me mène du point A au point B à bas prix. J'arrive à Utrecht à 6h du matin, après une belle nuit blanche (et une journée de travail). Sachant que William peut seulement m'accueillir qu'en après-midi, je décide de passer les six prochaines heures à me balader dans Utrecht sous la pluie.

La ville est d'une saleté incroyable. La veille, les gens avaient fait la fête car c'était le Jour de la reine le vendredi. Des verres en plastiques partout, des restants de bouffe rapide qui marinent dans l'eau boueuse, des tas de vomissure un peu partout, de la vivre cassée, etc. Bref, c'est un peu rude comme premier contact avec une ville. À l'exception de quelques gens saoûls qui font des tentatives de revenir chez eux, il n'y a personne dans les rues. Étant donné que c'est un jour férié, tout était fermé au cours de la matinée. J'avais l'impression de marcher dans une ville fantôme délaissée très rapidement par ses habitants.

Je saute ensuite sur un train en direction de Zwolle. Rendu, j'envoie un texto à William pour lui annoncer mon arrivée et j'attends dans un café, engloutissant plusieurs espressos. Il arrive et on s'en va chez lui. L'arrangement de l'appartement est assez particulier: en fait, chaque chambre est un appartement isolé qu'on peut fermer à clé. On passe l'après-midi à parler de tout et de rien, en buvant une bière après l'autre. On se dirige ensuite vers le lieu où se déroule les festivités pour le Jour de la reine. Plusieurs groupes jouent sur scène; les gens dansent, mangent et boivent (plus ou moins simultanément). Beaucoup de drapeaux oranges aussi. Je tire ma révérence vers les 1h du matin, étant debout depuis plus de 40 heures si on ne tient pas compte des micro-siestes de 10 minutes dans le bus de nuit, alors que William part faire la fête avec des amis.

Le lendemain, laissant William récupérer de sa nuit blanche, je pars visiter la ville. Je me rends alors compte que Zwolle est minuscule, et qu'on en fait vite le tour. Je profite du marché à ciel ouvert, goûtant à quelques produits locaux. Ne sachant pas si Bob est revenu de Berlin (comme il est parti en faisant du pouce, difficile de déterminer son retour), je l'appelle. Il me retrouve environ 45 secondes plus tard car il était dans la rue à côté de celle où j'étais. On part réveiller William en lui lançant des oranges achetées au marché.

La journée se poursuit tranquillement et la soirée prend la relève. Un samedi plutôt tranquille en fait, car tout le monde est un peu épuisé. On passe le temps en jasant pendant que Bob joue avec son oud. Le thé est la boisson du jour. On fait une tentative de partie de poker, mais les cartes sont rapidement noyées dans le thé qui se trouvait dans une tasse (l'eau chaude avait fendu la tasse en deux).

Dimanche, William me montre un peu Zwolle, plus précisément le théâtre de la ville, le château d'eau (qui lui servira de salle pour sa pièce de théâtre qu'il met en scène) et quelques studios d'artistes. Comme William et Bob ont des trucs à faire concernant la préparation de la pièce de théâtre, je prends les prochaines heures comme un moment idéal pour jouer au touriste. Je crois sincèrement que c'est la première fois que j'ai marché dans TOUTES les rues d'une ville. Le musée de la ville ne me renseigne pas beaucoup toutefois sur l'histoire de Zwolle, étant donné que tout est écrit en néerlandais... Dimanche soir, autre soirée très détendue et relaxante en compagnie de Bob et William... et hop, retour à Paris!

Bref, ce fut une fin de semaine plutôt tranquille, sans grande aventure. Bien que j'adore faire des voyages où il se passe mille et une choses, je crois qu'il est bien aussi de pouvoir se détendre.


lundi 10 mai 2010

Rouen



Depuis 2006, je travaille en tant que psychométricien à l’Hôpital Rivière-des-Prairies. Mon boulot consiste à effectuer sur une base hebdomaidaire une entrevue diagnostique semi-structurée, le K-SADS-PL (Schedule for Affective Disorders and Schizophrenia for School-Age Children - Present and Longitudinal Version). En gros, je rencontre les parents d’un adolescent pendant environ deux heures et je leur pose des questions sur la présence, l’intensité et la fréquence d’une centaine de symptômes psychiatriques afin de faire ressortir les diagnostics possibles (dépression, trouble bipolaire, schizophrénie, trouble d’anxiété généralisée, état de stress post-traumatique, anorexie, trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, pour en nommer quelques uns). Donc, cette entrevue est codifiée et elle est souvent utilisée dans les recherches en psychiatrie pour confirmer des diagnostics cliniques.

Dans le but de bâtir une collaboration France-Québec sur la prévention du suicide, on m’a demandé d’aller donner une formation sur la manière d’administrer le K-SADS-PL, afin que les centres de recherche aient à peu près le même protocole de recherche. Bref, c’est ainsi que je me suis retrouvé à Rouen pendant deux jours.



Je vous épargne le déroulement de la formation, et je vais donc me concentrer sur la ville en soi. Donc, Rouen est situé en Haute-Normandie, à une heure de train de Paris (Gare St-Lazare), ce qui permet de faire un aller-retour facilement dans la même journée. Ce qui frappe surtout en se promenant dans la ville, et surtout dans le cœur historique sur la rive droite (la Seine sépare la ville en deux rives), ce sont le nombre de maisons à colombages. Malgré les violents bombardements que Rouen a subit lors de la 2ème Guerre Mondiale, il reste encore plusieurs vestiges du temps passé. Il est encore possible de voir la tour Jeanne d’Arc, où la Pucelle a été emprisonnée, et la Place du Vieux-Marché, où elle a connu son supplice. À quelques pas, on tombe sur le Gros-Horloge, une horloge astronomique du 14e siècle, et un peu plus loin, la Cathédrale Notre-Dame. Bien qu’en restauration, il est impossible de ne pas être émerveillé par la beauté de l’architecture gothique. Elle a d’ailleurs inspiré Claude Monet, qui l’a peinte sous différentes angles selon le moment de la journée et l’ensoleillement.

Bien que Rouen est une petite ville en termes de superficie, elle a beaucoup à offrir à un touriste qui y passe une journée ou deux. L’art gothique est partout, et je crois personnellement que je n’ai pas assez de doigts pour compter le nombre de bâtiments de style gothique, en particulier les églises. En gros, une promenade dans Rouen, c’est marcher à travers le temps, du 13e siècle jusqu’à nos jours. En effet, tandis que la rive droite est surtout historique, la rive gauche est moderne. Celle-ci n’est pas tellement intéressante pour une balade : tours à bureaux et logements modernes ternes parsèment les rues destinées à l’automobile.

Donc, quelques heures à Rouen après chaque de formation m’ont permis d’avoir un bref aperçu de la ville. J’ai très peu d’idée sur la vie rouennaise et l’atmosphère générale de la ville, mais pour se balader, c’est idéal.



Fontainebleau et Auvers-sur-Oise

La fin de semaine du 23-25 avril, j’étais sensé aller à Londres, mais un volcan a voulu des siennes, et il valait mieux attendre un peu, le temps que les aéroports reprennent leur rythme de croisière habituel. Comme je n’avais pas trop le temps de revirer de bord pour me trouver une destination rapidement à un prix abordable et pas trop loin (car les trains et les autobus étaient les seules options valables), j’ai dû me résigner à rester en région parisienne.

Ainsi, samedi, ce fut direction sud à Fontainebleau. J’avais entendu parler à plusieurs reprises de cette ville connue surtout pour son château et son immense forêt, et ces derniers temps, le métro semble vraiment vouloir que les gens s’y rendent avec les publicités posées un peu partout. Donc, Fontainebleau est un petit village à 45 minutes de train de Paris. Si peu de distance, et c’est déjà la campagne. Même si c’est encore la région parisienne, nous avons l’impression d’être en province. Petit village avec sa mairie, son office du tourisme, sa fontaine avec sa place publique, quelques petits cafés et restaurants autour de cette dite place. Le château a été le lieu de résidence de plusieurs rois de France, dont François Ier. Très beau château, mais sans rien de particulier en soi. C’est l’éternel visite des différentes pièces avec une explication des fonctions de chacune, ainsi que leurs anecdotes historiques rattachées. Pour la forêt, faute de temps, je n’ai pas pu y aller, malgré mes fortes envies de vouloir y faire des randonnées. Réputée d’être assez dense, il est possible d’y marcher des heures et se perdre, d’ailleurs, on suggère de vraiment suivre les chemins balisés (ce que j’aurai transgressé éventuellement). Bref, un samedi gentil, mais sans particularité.

Le lendemain, après des mois et des mois à me dire que je devrai aller à Auvers-sur-Oise pour visiter le musée de l’absinthe, j’ai finalement réalisé ce désir. Auvers-sur-Oise se trouve au nord de Paris, très loin de la ville. D’ailleurs, l’accès y est assez compliqué (lire ici : faire mille et un transferts de bus/trains/RER), mais ça en vaut le coup. La ville est connue pour avoir été le dernier lieu où a vécu Vincent Van Gogh. Au cours de son court séjour à Auvers-sur-Oise, il a produit plus de 80 peintures, en raison d’une à deux par jour. Ici, c’est également la vieille campagne française. J’ai donc passé la journée à me balader à travers les rues du village, le long des sentiers à travers les champs, etc. Parmi les attraits touristiques, il y a donc le fameux musée de l’absinthe tenu par Marie-Claude Delahaye, la grande spécialiste dans le domaine. On peut admirer les affiches liées à cet alcool diabolisé (lire mon précédent message à ce sujet), ainsi qu’une collection assez impressionnantes de cuillères. Bref, après des mois d’attente, la visite a été à la hauteur de mes attentes. Étant à Auvers-sur-Oise, j’en ai profité pour visiter la demeure du Dr Gachet qui a traité Van Gogh vers la fin de sa vie, ainsi que la chambre minuscule et inintéressante (il n’y a qu’une chaise dans une chambre vide de 7m2; la joie de payer 6 euros pour ça) que ce cher Van Gogh avait louée au-dessus d’un restaurant. Donc, ce dimanche fut beaucoup plus intéressant que le samedi. La beauté d’Auvers-sur-Oise est assez prenante, et on comprend pourquoi le village a tant inspiré Van Gogh.