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mercredi 16 juin 2010

Dernière destination: Londres

Depuis longtemps, je voulais aller voir Londres. Plusieurs circonstances ont fait que je n’ai jamais pu m’y rendre : attaques terroristes dans le métro londonien au cours de l’été 2005, manque de temps en 2007, impossibilité de quitter l’espace Schengen en 2009. À moins d’un mois du retour pour Montréal, et avec une carte de séjour valide me permettant ENFIN de sortir de l’espace Schengen, Londres était un détour inévitable. D’ailleurs, cela a fallu de peu que je n’y aille pas à cause d’un certain volcan islandais. Donc, jeudi soir le 6 mai, après une entrevue psychiatrique à l’hôpital qui s’éternisait un peu, j’ai couru vers l’aéroport pour prendre l’avion.

Pour l’hébergement, quelques jours avant, j’ai contacté un des tous premiers Couchsurfers que j’ai accueilli à Paris, Mohammad, un gars très sympathique né de parents iraquiens mais grandi en Iran, et celui-ci m’a tout simplement reçu les bras grand ouverts. Comme l’a dit Nicolas, qui était avec moi aussi, rencontrer Mohammad à Londres vaut plus que tous les musées et monuments historiques que la capitale anglaise a à offrir.


Le premier contact avec Londres a été assez particulier. Dans le bus menant de l’aéroport au centre-ville, je vois les bâtiments à briques rouges qui me rappellent étrangement Montréal. Les noms des rues sont aussi familiers : Wellington, Hampstead, etc. Le système de transports en commun, toutefois, me rappelle qu’on est dans une capitale de l’Europe occidentale. Ceci signifie souvent beaucoup de lignes de métro, d’autobus, de train, etc. Je comprends alors un peu les touristes qui viennent à Paris et qui se perdent dans le réseau de transport à cause de toutes les ramifications et les croisements.

La première journée complète à Londres, soit le vendredi, moi et Nicolas avons marché un peu partout dans le centre-ville de Londres. Comme je savais que la ville était immense, et qu’il était un peu inutile de vouloir tout voir, je n’étais pas réellement empressé à tout faire. À vrai dire, je n’avais pas lu préalablement sur les choses à visiter, à faire, etc. Mon but n’était que d’avoir un bref aperçu de la ville, pour voir si elle allait me plaire, afin de mieux la visiter une prochaine fois. La présence de bâtiments modernes est assez frappante, rappelant un peu Montréal. Après une année à Paris à ne voir que des bâtiments néo-classiques hausmanniens du 19e siècle entre quelques vestiges médiévaux, c’est assez particulier de voir des édifices en verre. J’aurais probablement trouvé cela laid il y a plus d’un an, mais cette fois-ci, c’était apprécié.

Nous avons aussi visité la Tour de Londres. Plus ou moins intéressant, en fait. Intéressant pour sa portée historique, désagréable par le nombre de touristes (inévitable!) et le côté un peu trop vulgarisé et infantilisant des explications. Nous sommes sortis de là après plus de deux heures, et on a longé la Tamise.

On a fini la journée au Tate Museum, musée d’art contemporain. Le visiter avec Nicolas, ancien étudiant en arts visuels, a ajouté beaucoup à l’appréciation des œuvres. J’ai pu voir des sculptures et des peintures sous un autre angle, de façon beaucoup moins « amateur » cette fois-ci. Étrangement, je n’ai senti aucune saturation au bout de quelques heures. Vraiment, il y avait des choses incroyables à voir et à entendre dans ce musée. Le détour en vaut réellement la peine, si vous allez à Londres.

Vers les 22h, on retourne chez Mohammad où on fait un risotto au poulet, champignons et poivrons rouges (à Lisbonne, j’étais sensé d’en faire avec Nicolas à l’auberge de jeunesse, mais on n’avait jamais trouvé tous les ingrédients donc on s’est repris à Londres) pour remplir nos ventres vides.

Le lendemain, samedi, Mohammad nous fait un tour guidé de la ville. Il nous montre en fait un autre côté de Londres, parfois touristique, souvent plus authentique. Oui, j’ai pu voir le Buckingham Palace, les grands jardins anglais, le Big Ben, l’abbaye de Westminster, Trafalgar Square, le National Gallery (où on est restés un gros cinq minutes : moi et Nicolas ne pouvant plus voir des peintures datant du 14e au 18e siècle, pour en avoir trop vues) et autres attractions touristiques, mais disons que ce n’est pas trop mon souvenir de Londres. Je retiens le souper dans un restaurant iranien où Mohammad et Nicolas se sont livrés à un concours d’appétit; Nicolas explique sa défaite du fait qu’il avait mangé une pomme une heure avant la « compétition ». Ensuite, petite ballade nocturne. On voit des gens dans la rue, prêts à fêter dans les boîtes de nuit et les bars. Il y a même un bus, le Party Bus, rempli de jeunes adultes déjà un peu saoûls qui amènent les fêtards vers leurs clubs. Nous, on se contente d’un pub anglais, où moi et Nicolas prend une Guinness (Mohammad apprend alors que Guinness est une bière).

Dimanche, après un déjeuner anglais dans un pub, Nicolas et moi faisons encore des kilomètres dans Londres. On aboutit dans un parc où se déroule le Speaker’s Corner, où des gens prêchent leurs croyances : islamistes, chrétiens, satanistes, créationnistes, etc. Drôle à voir et à entendre. On fait un tour au British Museum assez rapide : collections égyptiennes et babyloniennes surtout. Intéressant, mais sans plus… surtout quand on a vu ce type de choses dans dix autres musées auparavant.

On finit la visite de Londres par le marché de Camden, et on termine la soirée dans un restaurant indien (il faut bien en faire un). La bouffe est finalement assez médiocre. Nous ne sommes probablement pas tombés sur le bon. On retourne dire au revoir à Mohammad et récupérer nos sacs. On attend tranquillement dans le quartier arabe, à fumer une shisha et à boire du thé, avant de prendre l’autobus à 2h45 du matin pour se rendre à l’aéroport. Nos vols pour nos destinations respectives sont à 6h du matin environ. J’arrive donc à Paris vers les 8h du matin, et je me dirige vers l’hôpital pour travailler. Environ quarante heures éveillées se seront écoulées entre le dimanche matin et le lundi soir. La fin de semaine à Londres aurait été intense, mais plaisante. Le fait d’avoir passé beaucoup de bons moments avec Mohammad a contribué au succès de ce weekend, j’en suis convaincu.

Nicolas et Mohammad qui contemplent une affiche sur la prévention des accidents de la route causés par l'alcool.

mardi 25 mai 2010

Petite fin de semaine en Hollande

Pour ceux qui se sont rendus compte, mes derniers mois en Europe sont surtout caractérisés par des escapades un peu partout hors de Paris. Je ne pourrai pas bien expliquer les raisons qui me poussent à voyager autant. Plusieurs facteurs sont pourtant bien identifiés. L'urgence de fuir Paris serait probablement la raison principale cette année. Le besoin de changement, la nécessité de découvrir autre chose que mon propre monde, la possibilité et les moyens aussi de le faire.

Donc, mon avant-dernière destination avant le grand retour fut Zwolle, une petite ville peu connue en Hollande. Pour ceux qui lisent mon blogue assidûment se rappellent peut-être des deux Néerlandais, Bob et William, que j'avais hébergé à Paris durant le temps des fêtes. Parmi la cinquantaine de gens que j'ai accueilli cette année, ceux-ci m'ont donné une impression durable par leur bonne humeur et leur spontanéité. Je leur avais promis que j'allais leur rendre visite avant mon départ. Généralement, on dit toujours cela entre voyageurs, et ça se concrétise rarement, mais cette fois-ci, je tenais à respecter cet engagement.

J'ai donc pris un jeudi soir le bus de nuit (Eurolines) en destination d'Utrecht. C'est toujours aussi désagréable: impossibilité de dormir, trop sombre pour lire, pris avec un gros gars qui se sent obligé de dormir les coudes enfoncés dans ton flanc. Toutefois, ça me mène du point A au point B à bas prix. J'arrive à Utrecht à 6h du matin, après une belle nuit blanche (et une journée de travail). Sachant que William peut seulement m'accueillir qu'en après-midi, je décide de passer les six prochaines heures à me balader dans Utrecht sous la pluie.

La ville est d'une saleté incroyable. La veille, les gens avaient fait la fête car c'était le Jour de la reine le vendredi. Des verres en plastiques partout, des restants de bouffe rapide qui marinent dans l'eau boueuse, des tas de vomissure un peu partout, de la vivre cassée, etc. Bref, c'est un peu rude comme premier contact avec une ville. À l'exception de quelques gens saoûls qui font des tentatives de revenir chez eux, il n'y a personne dans les rues. Étant donné que c'est un jour férié, tout était fermé au cours de la matinée. J'avais l'impression de marcher dans une ville fantôme délaissée très rapidement par ses habitants.

Je saute ensuite sur un train en direction de Zwolle. Rendu, j'envoie un texto à William pour lui annoncer mon arrivée et j'attends dans un café, engloutissant plusieurs espressos. Il arrive et on s'en va chez lui. L'arrangement de l'appartement est assez particulier: en fait, chaque chambre est un appartement isolé qu'on peut fermer à clé. On passe l'après-midi à parler de tout et de rien, en buvant une bière après l'autre. On se dirige ensuite vers le lieu où se déroule les festivités pour le Jour de la reine. Plusieurs groupes jouent sur scène; les gens dansent, mangent et boivent (plus ou moins simultanément). Beaucoup de drapeaux oranges aussi. Je tire ma révérence vers les 1h du matin, étant debout depuis plus de 40 heures si on ne tient pas compte des micro-siestes de 10 minutes dans le bus de nuit, alors que William part faire la fête avec des amis.

Le lendemain, laissant William récupérer de sa nuit blanche, je pars visiter la ville. Je me rends alors compte que Zwolle est minuscule, et qu'on en fait vite le tour. Je profite du marché à ciel ouvert, goûtant à quelques produits locaux. Ne sachant pas si Bob est revenu de Berlin (comme il est parti en faisant du pouce, difficile de déterminer son retour), je l'appelle. Il me retrouve environ 45 secondes plus tard car il était dans la rue à côté de celle où j'étais. On part réveiller William en lui lançant des oranges achetées au marché.

La journée se poursuit tranquillement et la soirée prend la relève. Un samedi plutôt tranquille en fait, car tout le monde est un peu épuisé. On passe le temps en jasant pendant que Bob joue avec son oud. Le thé est la boisson du jour. On fait une tentative de partie de poker, mais les cartes sont rapidement noyées dans le thé qui se trouvait dans une tasse (l'eau chaude avait fendu la tasse en deux).

Dimanche, William me montre un peu Zwolle, plus précisément le théâtre de la ville, le château d'eau (qui lui servira de salle pour sa pièce de théâtre qu'il met en scène) et quelques studios d'artistes. Comme William et Bob ont des trucs à faire concernant la préparation de la pièce de théâtre, je prends les prochaines heures comme un moment idéal pour jouer au touriste. Je crois sincèrement que c'est la première fois que j'ai marché dans TOUTES les rues d'une ville. Le musée de la ville ne me renseigne pas beaucoup toutefois sur l'histoire de Zwolle, étant donné que tout est écrit en néerlandais... Dimanche soir, autre soirée très détendue et relaxante en compagnie de Bob et William... et hop, retour à Paris!

Bref, ce fut une fin de semaine plutôt tranquille, sans grande aventure. Bien que j'adore faire des voyages où il se passe mille et une choses, je crois qu'il est bien aussi de pouvoir se détendre.


vendredi 26 mars 2010

Premiers jours en Espagne

Depuis les cinq dernières années, je suis allé en Europe quatre fois (excluant ma fois en Turquie), et je n'ai jamais visité une ville espagnole (les montagnes et les rivières près de San Sebastian, si... mais jamais de ville en soi). Barcelone a longtemps été sur ma liste, mais je me suis dit que si je voulais vraiment vivre l'Espagne, autant aller en Andalousie. Le voyage a été décidé à la suite d'une conversation avec Nicolas et Lydia. Au départ, je voulais pour mes vacances de visiter les pays scandinaves. Nicolas, connaissant mon état d'esprit des derniers mois, m'a tout simplement dit que si j'allais en Norvège ou en Suède, c'était assuré que je me garrocherai sur la première exposition de Edvard Munch (de quoi se tirer une balle dans la tête, selon lui). Bref, pour lui, il valait mieux que j'aille dans le sud avec eux.

Les revoir m'a fait drôle. Depuis des semaines, je ne rêvais que de cette semaine avec Nico et Lydia. Et je suis arrivé plutôt frustré à cause d'une erreur de communication entre moi et Nico sur l'heure d'atterissage de nos avions respectifs (eux venaient du Maroc, moi de Paris). Bref, les premières heures étaient particulières car je crois que j'ai juste accumulé trop de frustrations au cours des derniers mois et le fait que je pouvais enfin les évacuer sans que je sois jugé m'était libérateur.

Donc, premières heures en buvant de la sangria, en attendant que l'amie de Nicolas nous contacte pour savoir si nous avions un endroit pour dormir cette nuit. Finalement, non. Comme un couchsurfer m'avait écrit concernant une auberge de jeunesse à laquelle il travaille, nous sommes allés. Nous avons rencontré un Italien (Dario) qui travaille à Seville qui pourra nous héberger ce samedi. Le fait que ce soit difficile de se trouver un divan réside dans le fait que la Semaine Sainte va se dérouler dans quelques jours et que la plupart des couchsurfers ont déjà des invités (et comme nous sommes trois, trouver quelqu'un qui peut héberger trois d'un coup, c'est très difficile).

Le lendemain, après le BBQ sur le toit de l'auberge (en fait, nous sommes allés dans une autre, car il n'y avait plus de place dans celle-ci... mais on a eu notre rabais de -10% car nous étions tous des couchsurfers actifs), nous avons visité la plus grosse cathédrale gothique du monde. Splendeur et beauté architecturale indescriptive. Nous avons monté la Giralda (un ancien minaret de mosquée), quoique l'absence d'escaliers rendait la tâche trop facile à mon goût (c'était une pente douce). Ensuite, direction vers Real Alcazar, ancienne résidence royale espagnole. Ce sont des cours et des jardins à en plus finir; on entre dans une salle pour trouver une ouverture qui donne sur un jardin, qui conduit vers une cour intérieure, qui débouche vers une autre salle. Bref, de toute beauté encore, avec des paons qui se promènent ici et là.

À 15h, nous avons pris le bus pour se rendre à Ronda, une ville se trouvant en haut d'une montagne andalouse. Très petit, mais avec une vue impressionnante. D'ailleurs, le pont qui relie les deux falaises est à couper le souffle. Nous avons débouché un vin de l'an 2000 (mon fameux Bergerac que je conservais précieusement pour mes retrouvailles avec Nicolas et Lydia) sur une place donnant une belle vue sur les vallées. Petit resto avec de la bouffe trop salée. Je crois que dans la cuisine espagnole, ils mettent plus de sel dans un plat, que moi dans toute une semaine...

Aujourd'hui, nous avons fait une randonnée dans les montagnes pour visiter des grottes préhistoriques. Je me suis rendu compte que 10 mois à Paris en vivant avec des fumeurs invétérés, ça détruit un homme... Bref, c'était bonheur et extase pour moi de bouger, de sentir mes muscles travailler, d'entendre ma respiration car mes poumons et mon cœur n'étaient plus habitués à un effort physique. Pour revenir à Ronda, nous avons fait du pouce (de l'autostop) car c'était à 20 km de notre auberge... après même pas 10 minutes, un gars nous a embarqué. Nous avons continué notre visite de Ronda, en faisant un pique-nique avec fruits et légumes (ça nous manquait à nous trois).

Et voilà pour l'histoire à cette heure.

À la prochaine!

mardi 23 mars 2010

Hygge à Copenhague

En France, les étudiants ont droit à des vacances scolaires en automne, en hiver et au printemps d'une durée de deux semaines, surnommées "petites vacances". Bref, comme pour Berlin où j'en ai profité pour disparaître une dizaine de jours en novembre, je fais pareillement pour les vacances d'hiver, sauf que je les ai décalées d'un mois... Donc, voilà l'explication pour ceux qui se demandent pourquoi je suis toujours parti ailleurs.

Ainsi, je prends deux semaines de vacances, et les premiers six jours, je les ai passés à Copenhague (qui se traduit littéralement en "port des marchants" en danois). Depuis le temps que je voulais faire un saut dans les pays scandinaves, voilà l'occasion le faire. En octobre dernier, j'avais hébergé un Danois, Emil, pendant plus d'une semaine, et j'avais ainsi une raison de visiter la capitale danoise.

Contrairement aux images véhiculées par les stéréotypes culturelles, le Danemark n'est pas enterré sous la neige presque toute l'année. Le climat est légèrement plus frais qu'en France (et on parle ici d'à peine 3-4 degrés de différence). Par contre, l'idée des grand(e)s blond(e)s aux yeux bleus n'est pas totalement fausse!

Copenhague, c'est la ville du vélo. Des pistes cyclables sont aménagées des DEUX côtés de la rue, presque partout dans la ville. D'ailleurs, il est plus fréquent de croiser une bicyclette qu'une voiture. Il y en tout simplement partout. Malheureusement, je n'ai pas pu en faire l'expérience. Le système de vélo "gratuit" à la Vélib' ou au Bixi n'est disponible que durant les saisons plus chaudes. Emil a essayé de me réparer un vélo, mais ce fut sans succès. De toute manière, Copenhague est une ville assez petite, ce qui permet de marcher partout sans difficulté. Il y a aussi un bon système de métro, de trains comme le RER parisien ou le S-Bahn berlinois, et d'autobus.

Une certaine tranquillité règne dans la ville. Pas de piétons stressés, de cyclistes kamikaze ou d'automobilistes enragés. Dans les cafés, les bars et les restaurants, on peut voir des gens drapés d'une couverture en polar ou de laine, fournie par le commerce. De longues bougies blanches ornent les tables. Bref, le confort chaleureux est omniprésent. Emil m'explique que ce phénomène s'appelle le "hygge" en danois, mais que c'est très difficile à traduire en anglais; en gros, c'est quand tu te sens bien dans le moment présent, avec les gens qui t'entourent (que tu les connaisses ou non) ou tout seul.

Les bâtiments des maisons sont plutôt colorés (beaucoup de rouge, jaune et bleu), ce qui fait un gros contraste avec Paris avec son gris-beige classique. Ici, pas vraiment de monuments spectaculaires. L'hôtel de ville est massif, mais ne dégage pas d'exubérance. En fait, l'attraction principale de la ville gravite autour d'une petite sculpture à quelques mètres de la rive. Oui, je parle bien de la "petite sirène" d'Andersen,  et je vais vous détruire votre enfance en vous annonçant qu'elle ne se marie pas avec le prince et qu'elle se suicide à la fin du conte. Cette sculpture a été maintes fois vandalisée (bras coupés, tête décapitée, voilée comme une musulmane) dans le passé, et elle va voyager à la fin du mois en Chine...

Un autre attrait assez touristique (autre que les palais/châteaux/parcs) est Christiana, sorte de camp de hippies. Dans les années 1970, des gens ont squatté l'endroit appartenant anciennement à l'armée. Ils ont bâti leur petite société indépendante et auto-suffisante. Ici, les drogues douces sont vendues librement (les drogues dures ne sont pas du tout tolérées), et les gens vivent comme dans une commune hippie des années 1960-1970. D'ailleurs, ils ont longtemps poussé les idées d'écologie et de développement durable. Le Danemark essaie d'éradiquer ce quartier de la ville et procéder à la "normalisation", mais Christiana demeure toujours. Certains Danois disent toutefois que Christiana risque de disparaître éventuellement et que le gouvernement finira par avoir raison de ce petit îlot "souverain".

Les habitants de Copenhague sont connus pour leur amour du design (on peut penser à la chaise-oeuf  ou la chaise-fourmi d'Arne Jacobsen, entre autres). D'ailleurs, Emil me parlait souvent du design de la chaise de bureau vue à travers la fenêtre d'un commerce, ou de la maison qu'on venait de passer devant. Il est vrai qu'il étudie en design, mais j'ai pu enfin ouvrir les yeux sur le design de toute chose, mais surtout des chaises! Et oui, je suis allé au Musée du design danois pour admirer des chaises et des tables... d'ailleurs plus intéressant que le musée de Hans Christian Andersen, principalement destiné aux enfants.

Pour éviter de m'éterniser sur mon séjour, je fais finir sur l'expérience du sauna scandinave. Le lieu contient une piscine 25m, un bassin d'eau chaude, un bassin d'eau très froide, des douches un peu partout, des chambres à vapeur, de sauna et de solarium. Donc, on commence par plusieurs longueurs dans la piscine (et que ça fait du bien quand ça fait longtemps qu'on ne s'est pas entraîné dans l'eau) où les gens respectent la vitesse des couloirs (contrairement à mon expérience québécoise et française des piscines) avant de prendre une douche tiède.  À partir de ce point, on enlève le maillot de bain et nous sommes séparés par sexe. Il y avait des panneaux partout disant qu'il faut prendre une douche avant et après chaque bassin et qu'il faut absolument être nu (même la serviette autour de la taille est interdite) J'essaie le bassin d'eau chaude salée. Très agréable avec un jet d'eau qui te masse le dos. J'essaie les chambres de vapeur. L'humidité est plutôt écrasante, mais ça va. La vapeur est tellement dense qu'il est difficile de même voir son voisin. De plus, elle est parfumée au citron... Le sauna est composé de longs bancs/marches en bois avec un système de chauffage à bois. La température tourne autour du 90 degrés. Comme il fait très chaud, les gens sautent dans le bassin d'eau froide, avant de revenir dans le sauna ou la chambre à vapeur. Après plus de deux heures à changer de salles et de bassins chauds/froids entrecoupés de multiples douches, j'enfile mes vêtements (j'avoue que je n'étais pas habitué à être complètement nu devant une cinquantaine de personnes pendant une si longue période... et il est vrai qu'on perd toute notion de pudeur après une minute lorsqu'on est entouré par des gens qui sont confortablement à poil) et je me dirige vers l'aéroport, extrêmement propre avec le nombre de douches et de bains...

Prochaine destination: Séville!

mardi 5 janvier 2010

Oberndorf am Neckar

Pour célébrer la fin de l'année et de la décennie, j'ai décidé de retourner (encore) en Allemagne pour revoir Lena, cette fois-ci dans son village natal, Oberndorf am Neckar, près de la Forêt Noire. Ce fut un accueil très chaleureux que j'ai reçu de la part de ses parents, bien qu'ils ne parlaient pas vraiment anglais. Bref, j'ai pu profiter de beaucoup de bonnes bouffes. Contrairement à ce que l'on peut penser, on peut bien manger en Allemagne et ce ne sont pas seulement des pommes de terre et des saucisses!


Comme c'est un petit village et qu'il pleuvait et que c'était la fin de l'année, on n'a pas fait mille et une activités, l'une à la suite des autres. Nous avons quand même visité le château fort des Hohenzollern qui appartenait aux rois de Prusse. C'est un lieu touristique qui vaut la peine d'être vu si on est dans le coin. Ça fait "château de contes de fées" sur le sommet d'une montagne avec le brouillard couvrant la vallée, et je trouve ça magique. Aussi, je préfère personnellement un vieux château austère que celui de Versailles (et ses semblables) où la richesse déployée à outrance me donne maintenant la nausée. Pour paraphraser Lena, on comprend maintenant toute la révolution française en marchant dans les jardins de Versailles!

Le 30 décembre, plusieurs amis de Lena sont venus passer quelques nuits chez elle. Au total, avec ses parents, on n'était dix dans sa demeure! J'ai trouvé ces journées un peu difficile, car tout le monde parlait en allemand. J'essayais de capter le maximum de mots, et de bien enregistrer dans ma tête l'intonation, puisque je suis en train d'apprendre moi-même l'allemand. Très difficile comme langue pour la grammaire, mais pour la prononciation, Lena me dit que je l'ai plutôt bien, étant que l'accent québécois me permet de faire des sonorités que les Français ne peuvent pas.


Pour la Veille du Jour de l'an, une salle avait été réservée. Pour 20 euros, la nourriture (schnitzels, spaetzle, poulet, légumes) et l'alcool étaient à volonté. Je crois que la tradition veut qu'on soit assis à des grosses tables qui font plutôt "cafétéria" ou "cantine". Un peu avant minuit, tout le monde est sorti dehors pour les feux d'artifices... allumés par des non-professionnels. Bref, des Allemand(e)s allument des explosifs achetés plus tôt au beau milieu de la rue. Auditivement et visuellement, ça donnait l'impression d'une ville en guerre. Or, c'était quand même beau à voir et surtout très impressionnant. Exit les "Final Countdown"! Ici, on fête en chantant et en lançant des pétards et des feux d'artifices.

Sinon, je suis revenu il y a quelques jours à Paris, car je recommençais le 4 janvier. D'ailleurs, en ce 5 janvier, j'ai débuté deux nouveaux cours, l'un sur l'accès à la conscience (en français) et l'autre sur l'apprentissage et la mémoire (en anglais). Très intéressants, mais le cours donné par le professeur Roediger (de l'Université de St-Louis, aux États-Unis) sur l'apprentissage est vraiment captivant. Aussi, j'ai fait mon examen médical aujourd'hui; je remplis les conditions de santé pour rester en France. J'attends maintenant les nouvelles étapes à effectuer pour compléter mon dossier pour la carte de séjour.

Ah oui, mes Couchsurfers néerlandais (William et Bob) sont revenus chez moi lundi soir avant de repartir pour la Hollande. Bref, semblerait-il que je dois faire un tour dans leur ville (Zwolle) d'ici la fin de mon séjour en Europe... surtout que je dois récupérer des livres que je leur ai passés!

Et voici quelques photos:









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dimanche 27 décembre 2009

Nowell 2009

Ne pouvant pas retourner pour la période des fêtes à Montréal, j'ai dû me résigner à trouver une alternative afin de ne pas me retrouver seul. Que faire quand tout le monde est parti fêter en famille? Trouver des gens qui sont trop loin pour célébrer la naissance du p'tit Jésus avec leur parenté. Je me demande des fois que serait ma vie sans Couchsurfing.

Donc, une fois que mes colocs sont retournés en Bretagne pour revoir parents et amis (avec une pile de questionnaires sous les bras à faire passer à leurs frères et soeurs... je me cherche des sujets témoins pour une de mes recherches), j'ai décidé de me remettre dans l'hébergement de Couchsurfers. Donc, depuis une semaine, j'héberge un couple provenant de Singapour. Drôle de dynamique par contre, la fille est très gentille, mais je la trouve un peu gossante (comme pas mal de filles asiatiques d'ailleurs). Le gars est sympathique et agréable à côtoyer. Je me demande comment il fait pour la supporter depuis plus d'un an. J'accueille également deux Néerlandais qui font du pouce jusqu'à Barcelone. Paris était un arrêt de 3-4 jours. Deux gars vraiment comiques et chantants (oui, oui, ils ont cette habitude de se parler en chantonnant ou en faisant des rimes... ce sont des musiciens/comédiens aussi).

 Le réveillon du 24 décembre a débuté à 20h dans un très petit mini-studio dans le 1er arrondissement. Je me demande encore comment une centaine de gens ont réussi à se retrouver dans un espace aussi restreint. Soirée qui a commence bien en somme, mais juste trop de monde. Mon côté claustrophobe fait en sorte que je sors prendre un bol d'air à tous les 20 minutes.  J'en profite pour appeler ma famille en me baladant dans les rues de Paris. Vers 1h du matin, migration vers le 13e arrondissement pour poursuivre la fête chez un autre Couchsurfer qui doit vivre dans un 30 mètres carré gros max. Je réussis à me trouver une petite place pour m'assoir sur le sol contre un mur avec mes deux Néerlandais; les deux Singapouriens dorment quelque part entre des piles de manteaux car ils sont fatigués. Discussion intense qui se termine finalement avec le lever de soleil.

Le 25 décembre a été une journée de récupération, avec préparation d'une quantité industrielle de bouffe. Comme je ne voulais passer ma journée à "végéter" intensément, je prends une longue marche avec un des Néerlandais (William) de quelques heures dans St-Cyr-l'École. Rien de particulier en somme. Juste un temps pour se remettre d'un "jetlag" social (en se couchant à 8h du matin et en se levant à 14h, et en déjeunant à 16h, c'est sûr que le corps est un peu débalancé).

26 décembre, pendant que mes Singapouriens visitent les lieux achi-touristiques de Paris (non, je ne voulais pas visiter Notre-Dame avec eux, surtout si c'est pour prendre des photos de chaque vitrail). Toujours avec les deux Néerlandais qui ne voulaient pas aller dans les coins touristiques, on s'est fait une longue marche à travers Paris, de Montparnasse à Oberkampf, bref un gentil 11-12 km à pied. Des cafés ont ponctué la marche, ainsi que des boulangeries!

Et voilà pour un petit compte-rendu de mon Nowell, qui n'était pas sous le signe de la dépression intense! Petite parenthèse pour terminer, j'ai apprécié qu'à Paris, nous ne sommes pas martelés et bombardés par la période des Fêtes. Quelques guirlandes et lumières ici et là, mais pas l'agressivité commerçante bien nord-américaine. Pour la première fois dans ma vie, je n'avais pas envie de commettre un meurtre en entendant "Petit papa Noël" ou "Jingle Bells" pour les avoir entendus 40 millions de fois dans toutes les versions possibles en se promenant dans les rues. Bref, un point positif à Paris pour le temps de Noël, on ne nous gave pas jusqu'à en faire une indigestion!











lundi 20 juillet 2009

14 juillet

Le 14 juillet est la fête de mon amie de longue date, Anne. Elle aura 25 ans cette année. Je lui souhaite donc bonheur et amour pour ce quart de siècle.

Le 14 juillet est aussi la fête nationale de la France. Pour une 2e fois, je n'ai pas pu voir le défilé à 9h du matin sur les Champs Élysées... trop tôt pour moi... et voir Sarkozy et Carla Bruni saluer la foule n'est pas une raison assez forte pour me lever à 7h du matin un jour de congé.

Ainsi, j'ai passé la journée à me balader avec Mohammad, un couchsurfer iranien, à travers le 11e arrondissement, de la Gare de Lyon au Cimetière du Père Lachaise, et une longue marche d'Opéra au Parc de la Vilette, où se trouve la Cité des Sciences. Pour ceux qui ne le savent pas encore, j'aime marcher.

En fin d'après-midi, je suis allé rejoindre Patrick au bord du canal de l'Ourcq pour un petit pique-nique. Ciel plutôt claimant, quoique le vent faisait bien sentir sa présence. Vers 20h, nous nous sommes déplacés au Louvre pour voir le feu d'artifice. Le pique-nique s'est poursuivi avec d'autres gens fort sympathiques. Bref, j'ai recréé à quelques détails près le même type de 14 juillet en 2005 avec Pascal, David et Philippe (défilé manqué dû à une incapacité à se lever, longue marche à travers Paris toute la journée, pique-nique en soirée au Louvre pour le feu). Qui a dit que je n'aimais pas la routine ?!

Je trouve ça étonnant qu'un lieu aussi touristique comme le Louvre soit presque désert le 14 juillet... et surtout qu'on a une belle vue de la Tour Eiffel d'où partent les feux d'artifice. D'ailleurs, cette année marque le 120e anniversaire de la Tour et les animations portent autour de ça. Très beau feu d'ailleurs. Que du plaisir au cours de toute cette journée, en gros. J'ai finalement bien de ne pas aller au Champ de Mars pour voir le show de Johnny Halliday...

Le Louvre: notre "spot" pour voir les feux d'artifice.


Corinne et Dan

Mohammad

La Tour Eiffel la nuit, vue du Louvre

Tentative ratée d'une photo d'un feu d'artifice

dimanche 19 juillet 2009

Les premiers Couchsurfers et anecdote de bistro

Paris est la ville la plus visitée au monde, et la Tour Eiffel est le monument le plus vu. Je vous laisse donc vous imaginer le nombre de touristes qui défilent dans les rues de Paris à l'année longue, et surtout en période estivale. Aussi, les mois de juillet et d'août, les hôtels et les auberges de jeunesse sont souvent complets, et chacun espère pouvoir se trouver un toit pendant quelques jours dans la capitale française. Le couchsurfing est une alternative pour se trouver un hébergement temporaire, des gens (souvent) sympathiques à rencontrer, etc.

Depuis juillet, j'ai ouvert mes portes à un certain nombre de voyageurs. Même si je suis dans la banlieue profonde, voire la campagne, je reçois des demandes sur une base quasi-hebdomadaire, au point de devoir me bâtir un calendrier pour s'assurer que personne ne se retrouve à dormir sur le parquet. Donc, j'ai reçu, pour l'instant, deux Allemandes (Sabrina et Laura) qui font un tour d'Europe et qui baragouinent un peu l'anglais, un Amércain d'Orlando d'origine portoricaine (Jonathan) qui fait Érasmus, un Américain de Los Angeles (Rodney) à la retraite qui a travaillé dans l'industrie du cinéma à Hollywood, et un Iranien (Mohammad) qui étudie actuellement en Angleterre et qui a fait le chemin de St-Jacques-de-Compostelle. Bref, côté social, je ne me retrouve pas trop souvent seul!

Avec eux, j'ai eu l'occasion de revoir la quasi-totalité des attractions touristiques à travers un tour guidé à travers la ville, à pied. Le trajet le plus long a duré environ 11 heures, et s'est étendu sur 24-25 kilomètres... disons que les deux Allemandes avaient plutôt mal aux pieds après... c'est ça quand on veut tout voir et qu'on est là pour seulement une journée!

Toujours avec ces deux Allemandes, et Jonathan, j'ai riposté pour la première fois à un serveur français chiant. Tout se passe dans un bistro au trois quarts déserté dans le quartier de Belleville. Après s'être installés sur des banquettes, nous avons attendus une dizaine avant qu'un serveur nous fasse signe qu'il va venir nous voir. Après avoir bien traduit le menu à tout le monde, le serveur vient nous voir, et réalisant que nous allons commander à manger décide de s'en aller fumer une cigarette avant de revenir nous voir avec son calepin. Attitude hostile dès le départ car mes trois comparses ne parlent pas français. Je fais donc la traduction. Je lui demande si le plat du jour est bien ce qui est indiqué sur le tableau. Il me fait signe que oui. Bon, allons avec la formule à 11 euros (entrée+plat du jour+dessert).

Une vingtaine de minutes passe et toujours rien. Surtout que nous avons commandé de la bouffe de bistro, donc pas trop longue à préparer! Le serveur arrive avec les deux sandwichs des Allemandes. Première erreur: Sabrina avait commandé un sandwich au cammembert et non à l'émental... Deuxième erreur: où est mon entrée? Troisième erreur: pourquoi avons-nous des andouillettes au lieu des ravioles au boeufs au coulis de tomates et basilic?

Une chose à la fois. J'explique au serveur que Sabrina avait commandé du cammembert et que je l'avais bien pointé dans le menu. De plus, l'entrée semble être absente de la table. Il s'excuse pour avoir été un peu dans la lune (beaucoup tu veux dire!), me dit qu'il va soustraire le prix de l'entrée et rapporte le plat. Jonathan me regarde et me fait signe qu'il ne touchera pas à l'andouillette à cause de l'odeur désagréable qu'il s'en dégage (une odeur de marde au four, si vous voulez mon opinion). Le serveur revient, et je lui demande pourquoi il nous a apporté des andouillettes alors que le tableau indiquait autre chose pour le plat du jour. Il me dit qu'ils n'ont plus de ravioles. Je lui explique que dans ces cas-là, il doit redevenir demander aux clients ce qu'ils veulent pour remplacer et non servir n'importe quoi. Il me dit que nous devons manger cela, sinon il devra payer pour nos plats.

Le petit côté machiavélique en moi ressort. Je fais signe à mes couchsurfers de ne rien toucher. J'appelle encore le serveur et je lui indique qu'on va prendre d'autres plats et qu'on paiera pour les andouillettes. Deuxième commande faite, je fais signe à tout le monde de se lever et de s'en aller sans payer. On se dirige dans le métro et on s'en va trouver une sandwicherie dans un autre quartier. C'est ben dommage, mais tu vas payer ça de ta poche tous ces petits plats (soit un beau 50 euros), crisse d'incompétent! Très jouissif comme expérience... et l'Américain et les Allemandes qui souriaient tout le long sans comprendre toute la "discussion" entre moi et le serveur! Semblerait-il que c'était divertissant...