Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est autour du séjour. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est autour du séjour. Afficher tous les articles

samedi 16 octobre 2010

Conclusion d'un séjour: troisième partie - Berlin

Dans ma tête, je suis réellement revenu à Montréal le 5 juillet 2010, à mon retour de Berlin. Peut-on réellement dire que nous avons conclu en voyage en Europe quand on y retourne à peine 3-4 semaines plus tard?

J'étais à Berlin du 26 juin au 5 juillet dans le cadre d'un congrès international sur le trouble de personnalité limite, trouble psychiatrique qui au cœur même de ma thèse. J'y allais pour présenter des données sur l'instabilité émotionnelle à l'adolescence. Ce fut probablement le congrès le plus pertinent auquel j'ai participé depuis le début de mon parcours en tant que biologiste médical spécialisé en sciences psychiatriques (pour ceux qui se posaient des questions sur mon titre)...

Je suis allé à Berlin, oui, pour une conférence, mais aussi pour dire au revoir à l'Europe. Lui dire au revoir sur une belle note. Quitter Paris dans un état émotif assez instable, disons que ça ne conclut pas parfaitement un séjour et débuter une nouvelle aventure. Revenir à Berlin, c'était renouer avec les moments plaisants que j'avais eu pendant mon année en Europe.

L'avantage de revenir dans une ville pour la troisième ou la quatrième fois, c'est que nous ne sentons plus la pression de la visiter. Nous pouvons enfin s'arrêter pour la vivre. Les premières fois, j'allais voir mille et un musées, monuments, lieux historiques. J'étais là pour vivre la vie berlinoise (surtout est-berlinoise) comme elle se doit.

Pour ce séjour, j'ai été hébergé par Kaja, une Couchsurfeuse que j'avais rencontrée quelques mois auparavant lors de la commémoration de la Chute du mur. Nicolas ne pouvait pas m'héberger à cause de ses colocs. Ce n'était pas trop grave, étant donné qu'il habitait à dix minutes à pieds de l'appartement à Kaja.

Berlin, ce fut de longues marches dans les grands parcs, les baignades quasi-quotidiennes dans les multiples lacs qui entourent la ville. Sérieusement, à voir mon album-photos, ça ne semble pas que j'ai passé la semaine dans une ville-capitale.

La semaine à Berlin, c'était revoir Lena pour une dernière fois avant mon retour définitif à Montréal. Elle avait le voyage jusqu'à la capitale afin qu'on puisse passer un peu de temps ensemble. Elle n'était allée à Berlin qu'une seule fois avec sa classe quand elle était plus jeune. Je trouvais ça un peu comique de jouer (encore!) au guide touristique à une Allemande dans sa propre capitale. J'ai aussi revu le temps d'une bière (ou deux, ou trois) Alex et sa copine Susan, que j'avais rencontré il y a un an à la Place des Vosges à Paris. Alex m'avait hébergé à Berlin en novembre par la suite.

C'est à Berlin que j'ai pu me ressourcer, me sentir bien, me reposer. Outre les lacs et les mini-randonnées, c'étaient les bars et les boîtes de nuit (entrer dans un club à 1h30 du matin, ça faisait longtemps que ce ne m'était pas arrivé). Le prix très abordable des sorties: une rareté à Paris, une chose courante à Berlin. Une bière de 500 ml (50 cl) à deux euros, c'est très cher à Berlin. Et les döner kebap à 4h du matin, cela me manque réellement.

J'ai pu pratiquer mon allemand très débutant. D'ailleurs, ce fut avec une amie à Nicolas, Vanessa, que j'ai eu mes premières conversations en allemand, puisqu'elle ne parlait qu'espagnol et allemand (et un peu d'anglais). Étrangement, je comprenais les serveurs et en retour, ils saisissaient ce que je voulais dire (sans avoir à pointer ou à faire des gestes).

Ma pensée est plutôt décousue, car quand on prend plusieurs mois avant de mettre en mots ses expériences, il nous reste que des souvenirs, des évocations, sans réel fil conducteur.

Berlin fait maintenant partie de mon passé... pour l'instant. Un retour s'imposera éventuellement. Actuellement, je suis à Montréal et je vais profite pleinement de l'instant présent. Le goût de voyager me reprendra sûrement très bientôt, mais j'ai refait le plein, même si ce n'était que le temps d'une semaine dans une ville déjà connue. 

Ainsi se conclut cette année en Europe, mouvementée, certes, mais des plus nécessaires.

samedi 31 juillet 2010

Conclusion d'un séjour: Deuxième partie - Montréal

Revenir à Montréal, un désir qui était présent en moi depuis plusieurs mois, se concrétisait enfin. J'avais fini par ne plus y croire. Je m'étais fait à l'idée que Paris était devenu mon point d'ancrage. Dans l'avion, j'étais assis à côté d'une famille provenant de Metz, et pendant une bonne partie du trajet, je leur faisais une introduction à Montréal, les choses à faire et à voir. C'était en quelque sorte une préparation mentale à ce qui m'attendait quand l'avion allait atterrir. Plusieurs appréhensions, je dois l'avouer. Quoi dire aux gens après une année d'absence?

Mes parents sont venus me chercher à l'aéroport. Il fallait s'y attendre, ce fut des retrouvailles à haute teneur émotionnelle. Je crois que c'était l'une des rares fois que j'ai vu ma mère pleurer. Nous sommes allés manger une soupe tonkinoise et ils m’ont déposé à l’appartement où j’avais passé l’année 2008-2009 avec mon frère (celui sur la rue de Bordeaux). En rentrant dans l’appartement, j’ai vite compris qu’allait être le prochain mois : une période de transition où je ne serais pas vraiment à ma place socialement, professionnellement, psychologiquement et géographiquement parlant.

Je suis allé rendre visite à Lydia et Gabrielle, et du même coup, voir quel sera mon nouveau chez moi et qui seront mes futurs colocataires. Quand je suis arrivé au 4805 av. Papineau, c’était le début d’un party : Jérémie, l’un des colocataires, fêtait son anniversaire. J’ai en même temps fait la connaissance des multiples voisins vivant dans le même immeuble. Même si la date de mon déménagement a été fixée le 17 juin 2010, je me retrouvais là presqu’à tous les deux jours.

Tranquillement, j’ai revu les gens. Je ne sentais pas l’envie de faire un gros party ou de passer à travers mon carnet de téléphone pour annoncer à mes amis que j’étais réellement revenu à Montréal. J’essayais de comprendre le monde autour de moi.

J’ai réalisé à mon retour, durant les premières semaines, comment Paris s’est infiltrée dans mon être et mon esprit. D’abord, j’étais un peu surpris par le fait que les gens dans la rue semblaient exubérants, joyeux et heureux. Les couleurs vives sur les murs, les immeubles, les vêtements des gens, cela me troublait un peu. Les serveuses ou les vendeuses qui te disent « Bonjour, comment ça va? Est-ce que je peux t’aider » m’ont assez perturbé. Après une année à Paris, je trouvais ce comportement complètement déplacé, inadéquat et familier.

D’abord, le tutoiement. J’avais pris l’habitude à vivre dans un univers où le tutoiement était réservé pour des gens de mon âge avec qui j’entretenais un bon lien. Que ce soient des enfants, des adolescents, ou des gens dans la vingtaine que je ne connaissais pas bien, c’était le vouvoiement automatique. Ensuite, le fait qu’elles demandent comment ça va semblait être une intrusion de la bulle personnelle, surtout (dans le cas des serveuses) le contact physique, c’est-à-dire la main sur l’épaule. En fait, je comprenais comment Paris m’a appris à être froid et détaché dans les relations avec les autres.

Le retour à la Clinique des troubles de l’humeur (CTH) s’est fait très rapidement, soit deux jours après mon atterrissage. Revoir ses anciens collègues de travail, avec qui on s’entend bien, c’était apaisant. En fait, revenir à la CTH m’a fait réaliser comment l’environnement de la Pitié-Salpêtrière était toxique pour moi. Juste penser à cet endroit et aux professionnels qui travaillent là me donne la nausée. Je n’ai aucune fleur à lancer à cette institution française, et je sais que je serai incapable de poursuivre toute collaboration avec un psychiatre ou psychologue de cet hôpital. J’ai été d’une honnêteté déconcertante par rapport à mon séjour à la Pitié-Salpêtrière. J’espère que je serai le dernier Québécois à avoir été envoyé là-bas. Pour la collaboration Montréal-Paris, je ne vois qu’un échec certain. D’ailleurs, il y avait une stagiaire française, Sophie, de versant psychanalytique, qui était à la CTH le mois que je suis revenu. J’ai consciemment fait en sorte qu’elle comprenne que je ne vais pas l’aider à son intégration. Bref, pour moi, c’est un retour d’ascenseur très justifié. Surtout qu’elle avait défoncé la filière contenant pour mes données de recherche pour faire du « ménage »; elle disait qu’elle ne comprenait pas mon classement. Encore aujourd’hui, je suis encore en train d’essayer de retrouver tous les documents (car madame les a éparpillés dans plusieurs bureaux).

Ce fut un retour très graduel à Montréal, sans tambour ni trompette. Dans ma tête, ce n’était pas encore le retour définitif. Ce n’était qu’une transition. Je savais pertinemment que tant que j’avais encore un pied en Europe, je n’allais pas être totalement et complètement à Montréal. Bref, la conclusion de mon séjour, ce n’était pas à Paris, ni à Montréal. C’était à Berlin. 

mercredi 20 janvier 2010

Comme dans un bureau beige et gris

Depuis quelques mois, je me sens un peu émoussé émotionnellement. En gros, je ne semble plus réagir positivement ou négativement aux gens, aux activités, etc. J'ai l'impression d'être sur le neutre constamment. Je suis encore capable de remplir les contrats sociaux, et paraître amusé dans les spectacles ou les soirées avec des gens, ou triste quand quelque chose d'outrageux arrive, mais à vrai dire, ça me fait ni chaud ni froid. Je fais des musées, mais les œuvres ou les expositions ne me disent plus rien. Je vis sur le pilote automatique.

C'est peut-être pourquoi je néglige un peu ce blog, car je ne trouve rien d'intéressant à dire sur ce que je vis. Je peux toujours chialer sur les choses qui m'énervent en France, mais rendu à ce point, c'est de l'acharnement et de la redite. "Oui, Christophe, tu es écœuré de Paris, peut-on maintenant passer à autre chose?" est la phrase que j'imagine que plusieurs personnes doivent penser actuellement en lisant mon blog ou en me parlant dans la vie réelle.

Je ne me sens pas triste, ni désespéré, ni coupable, ni inadéquat. J'essaie de bien manger (avec les portions de fruits et légumes recommandées, ainsi qu'un peu de poisson à toutes les semaines), de marcher beaucoup pour me tenir un peu en forme, et d'adopter de bonnes habitudes de vie. Je ne souffre pas d'insomnie ni d'hypersomnie. Bref, pas vraiment en dépression (même si mes propos des paragraphes précédents semblent aller dans ce sens), juste émoussé sur le plan affectif.

Selon Nicolas (dont vous pouvez lire son blog Temps libres), je devrai peut-être changer d'environnement, de routine. Voyager est une option réalisable en Europe. Peut-être est-ce la raison pourquoi j'avais bien vécu mon premier séjour à Paris parce que justement, j'allais dans une nouvelle ville les fins de semaine, faisant une pause de la capitale française.

Peut-être aussi que je fais partie des gens qui ne peuvent pas tolérer de vivre dans un mois de novembre en permanence (il pleut et il fait gris presque à tous les jours à Paris depuis novembre ou octobre).

J'espère que mes quatre derniers mois en Europe seront plus sous un ciel plus bleu. Je crois encore qu'après la pluie, il y a le beau temps, et que ce dernier peut durer. Souhaitons que je n'ai pas tort sur ce coup-là.

mardi 1 décembre 2009

Situation actuelle et émotions

Depuis les dernières semaines, je crois avoir passé à travers cinq des six émotions de base: joie, colère, dégoût, tristesse, surprise et peur. Relatons les événements marquants:

Commençons par le plus désagréable. Le 17 novembre, après cinq mois d'attente pour que la préfecture me délivre finalement ma carte de séjour me permettant de vivre mon année en France (ouvrir complètement mon compte en banque, entre autres... car pour l'instant, je ne peux que déposer de l'argent dans un compte français, mais pas le retirer sans passer par mille et une démarches administratives), je suis allé à la préfecture des Yvelines (région départementale dans laquelle j'habite) afin de finaliser mes démarches. J'avais passé une semaine à vérifier compulsivement ma liste des documents à fournir pour m'assurer que rien ne manquait (originales et photocopies): passeport, acte de naissance délivré au cours des six derniers mois, visa, lettres confirmant que j'ai bien reçu des bourses (ainsi qu'un relevé bancaire prouvant que les montants ont été versés dans mon compte), facture d'électricité, bail, quittance de loyer, preuve de scolarité, convention de cotutelle, quatre photos identiques, cartes d'identité de ma colocatrice, passeport de mon directeur, les trois derniers talons de paies de mon directeur, ainsi que son dernier avis d'imposition, diplôme de ma maîtrise (par contre, ils ne voulaient pas une copie de mon mémoire), assurance sociale et santé, et je crois que c'est tout. La routine administrative, quoi! Bref, après quelques heures d'attente (malgré le fait qu'on m'ait convoqué pour 10h le matin) et vérifier les dizaines de documents (originaux et photocopies), j'ai attendu encore quelques heures pour me faire dire que: 1) on a besoin d'autres documents supplémentaires (qui ne sont pas dans la liste); 2) votre carte de séjour va prendre un autre trois mois pour être délivré; 3) vous ne pouvez pas quitter l'espace Schengen... en fait, vous pouvez le quitter, mais vous ne pouvez pas revenir sans obtenir un nouveau visa (et on sait que ça a été long et pénible pour l'obtenir au départ). Bref, alors que j'étais prêt à faire mes bagages car je m'attendais à me faire rapatrier, je me fais dire que pour le temps des Fêtes, il faut oublier le fait de revenir à Montréal. À ce moment-là, j'étais d'abord surpris par la tournure des événements, ensuite triste de ne pas pouvoir revenir à Montréal (alors que je planifiais déjà les retrouvailles et tout), en colère envers l'adminstration française (comment ne pas l'être), et finalement, je suis venu à être complètement dégoûté de la France.

En fait, j'étais en "beau joual vert" et après quelques appels à Montréal à certaines personnes pour annoncer la nouvelle, je me suis mis à réfléchir sur mes six mois en France. J'ai eu alors peur pour mon année doctorale, réalisant que les choses n'ont pas avancé car j'attendais, oh surprise, la réponse administrative du comité d'éthique depuis cinq mois pour que mon projet soit approuvé afin que je commence réellement ma recherche (mon but premier en venant ici). De plus, les cours suivis étaient une pure catastrophe (je n'ai jamais vu des profs aussi mauvais... même un certain professeur de biochimie au bacc. en sciences biomédicales à l'Université de Montréal était un roi de la pédagogie en comparaison). Bref, à force de me faire niaiser et de perdre mon temps, j'ai décidé d'ammorcer les démarches pour terminer le séjour en France, et finalement abandonner le doctorat du côté français.

Mon directeur de thèse français a eu très peur, et il s'est mobilisé afin que je reste. Quelques coups de fil ici et là, des rencontres à gauche et à droite, et je me retrouve avec un attaché parlementaire qui écrit à la préfecture pour tenter de renverser la situation, un service psychiatrique qui se rend finalement compte que j'existe et qui me font maintenant les yeux doux (certains m'invitent même à manger avec eux ,et même aller prendre un verre avec eux), finalement la possibilité de faire de la recherche sans me faire bloquer le chemin, et bientôt, un débat parlementaire au gouvernement sur la situation des étudiants étrangers (c'est que mon directeur de thèse travaille actuellement à accomplir avec le député s'occupant de mon cas). Qui aurait su que menacer d'abandonner un doctorat pouvait vraiment faire mobiliser des gens?

Bref, actuellement, je complète encore quelques formalités administratives (je suis rendu à un point qu'un document de plus ou de moins, je m'en fous) et j'attends la décision finale pour savoir si je peux revenir pour Noël à Montréal...

Entre temps, j'ai décidé de faire un retour au Quiz du Lundi au Lion's Pub, où se tient la rencontre hebdomadaire de Couchsurfing, après quelques mois d'absence. J'avais un peu de difficulté avec ces rencontres, car je trouvais qu'il y avait trop de monde, et qu'il y avait une grosse clique sectaire difficile à percer. Bref, j'ai rencontré quelques personnes et revu d'autres gens. Ça me permet d'entretenir l'illusion que j'ai une vie sociale palpitante. À ce point-ci, je m'en fous un peu de savoir si je suis en train de tisser des liens d'amitié ou si je fais du social pour jouer le jeu. En tout cas, c'est en France que j'ai appris à développer des relations superficielles.

Sinon, j'ai célébré mon anniversaire chez Patrick, un ami (dans la catégorie des relations non superficielles) vivant à Paris, en compagnie de quelques personnes avec qui j'entretiens de bons liens depuis quelques années, dont Sandra, celle qui m'a hébergé et nourri il y a quatre ans pendant quatre mois à Paris. Soirée plaisante avec bouffe, vins, discussions et quelques jeux...

J'ai également revu un artiste québécois que j'aime bien, Dany Placard, à l'International. C'était un petit concert d'une heure, très intime (on était sept je crois dans la salle), mais très agréable. Un moment où j'avais la sensation d'être à Montréal au Quai des brumes, à l'Esco ou au Divan Orange... Tant qu'à parler de concerts d'artistes québécois, je ne suis pas allé voir les Cowboys Fringants mercredi dernier, car je n'ai pas aimé les derniers albums, et que je les ai vus trop souvent en concert. Je préfère réserver mon 30 euros pour quelque chose d'autre.


J'ai aussi eu la possibilité d'aller au salon des vignerons indépendants dimanche dernier, où j'ai pu déguster (gratuitement) plusieurs vins français. Plusieurs belles découvertes et quelques bouteilles ramenées... J'ai une nette préférence pour ce salon que pour celui qui se déroule à Montréal (où on doit payer pour chaque dégustation). Le problème, c'est que le salon de Montréal nous oblige donc à finir notre verre car on ne veut pas gaspiller le verre de vin qu'on vient de payer (entre 1 à 5 $). Celui de Paris, ils nous versent assez pour avoir une ou deux gorgées pour réellement déguster sans se saoûler automatiquement. Je crois que c'est la première fois que je recrachais mon vin, mais c'était une sage décision pour bien goûter à un peu de tout se apprécier sans finir à quatre pattes. Il y a quelques autres salons du vin dans le mois à venir auxquels j'ai reçu des invitations... Je vais peut-être revenir à Montréal avec une bien meilleure connaissance du vin!

Voici donc ma vie au cours des derniers temps chargée de plusieurs émotions primaires. Si vous êtes parvenus à finir la lecture de ce texte, des commentaires seraient bien appréciés!

vendredi 30 octobre 2009

Ras le bol

Ça fait cinq mois que j'ai quitté Montréal pour venir "faire de la recherche" à Paris. Actuellement, je suis convaincu que ce fut une grave erreur de ma part. L'hôpital La Pitié-Salpêtrière a eu une longue histoire intéressante pour ce qui est de la psychiatrie. Des grands noms tels que Philippe Pinel, Sigmund Freud, Joseph Babinksi, Jean-Martin Charcot et Jean-Étienne Esquirol ont soit étudié ou exercé dans cette institution. Au départ un petit arsenal pour fabriquer de la poudre (non blanche!), il fut converti au 17e siècle en hôpital.

Pour plusieurs auteurs, la psychiatrie moderne est née à la Salpêtrière. On s'attendrait donc que, pour un étudiant en sciences psychiatriques au 21e siècle, le milieu est stimulant et offre une opportunité de voir ce qu'il y a de plus innovateurs dans le domaine. Malheureusement, ce n'est pas ce que je vis actuellement. Pour avoir travaillé pendant quatre ans à l'hôpital Rivière-des-Prairies et au Centre de recherche Fernand-Seguin, j'ai pu voir comment au Québec, on était doué pour faire avancer les recherches en santé mentale. Les efforts sont mis de l'avant pour investiguer les troubles psychiatriques afin d'améliorer notre compréhension de la psychopathologie et contribuer à la pratique clinique. Bref, après quatre années dans un environnement stimulant où les échanges existent, je suis royalement déçu par la Pitié-Salpêtrière. J'ai cette impression qu'ils sont pris quelque part au milieu du 20e siècle, et que les choses ont figé dans le temps. Pour la recherche, il faut quasiment harceler les cliniciens qui se disent ouverts pour obtenir quoi que ce soit. Les échanges entre professionnels se font de manière hiérarchique, où les étudiants ne font qu'écouter sans oser glisser un seul mot de ce qu'ils pensent aux grands professeurs et médecins. Ainsi, j'ai juste hâte d'avoir fait mon temps (oui, je vois maintenant ça comme une peine à purger, et il me reste sept mois avant ma libération définitive, et 47 jours avant ma libération conditionnelle).

Je crois que l'élément qui m'a complètement abasourdi, c'était le commentaire d'un médecin lors d'une conférence d'un psychologue de la Clinique des troubles de l'humeur qui présentait la thérapie dialectique-comportementale pour les adolescents ayant un trouble de personnalité limite. Selon lui, il n'était pas possible, ou plutôt très difficile à implanter, d'instaurer cette thérapie à la Salpêtrière, car c'était trop basé sur l'efficacité!

Parlons-en de l'efficacité, terme dont l'administration française semble y être allergique! Tout prend un temps fou, et on se dit qu'ils décortiquent le dossier en profondeur et qu'ils veulent faire un bon travail. Faux! À voir les commentaires ou recommandations, on se dit qu'ils ont sûrement lu les documents en diagonale. Et je ne parle même pas de l'histoire de ma carte de séjour (et je suis rendu à avoir le fantasme de ne pas l'avoir finalement et me faire rapatrier au Québec)...

Un historien avait déjà dit que la France était vouée à disparaître de l'histoire mondiale au 21e siècle comme état influent. En tout cas, si la France continue à se flatter en regardant les gloires du passé sans avoir une vision de l'avenir, ça risque fort d'arriver. L'état de la recherche en santé mentale est plutôt désolant... surtout que les étudiants ont un accès très limité aux articles scientifiques ou ne comprennent pas l'anglais (et on s'entend, les textes scientifiques, ce n'est pas de la grande littérature avec des figures de style très recherchées)! Si la relève n'est même pas capable d'avoir les ressources, comment veulent-ils avancer?

Suite à plusieurs présentations de chercheurs québécois en santé mentale, le chef de service en pédopsychiatrie avait soulevé le fait qu'au Québec, nous ne branlons pas dans le manche. Nous voyons une problématique, nous élaborons une hypothèse de recherche et nous nous mettons à l'action. Il dit que, malheureusement, la France est encore à l'étape de "on va en discuter". La discussion est un élément essentiel pour faire bouger les choses, mais ce n'est pas la seule étape. Il ne faut pas se le cacher, les Français sont de grands et bons orateurs... mais à quoi ça sert de parler et discuter si aucune solution n'est appliquée ou mise en pratique?

Ainsi, se conclut mon texte chargé de frustrations. Il fallait que je mette le tout en mots. Et aussi, depuis le temps que les gens me demandent ce que je pense des études en France, voici donc ma réponse franche et honnête. Je souligne que ceci ne reflète que ma pensée personnelle, et que si vous n'êtes pas d'accord, prouvez-moi le contraire.

Bon, je vous laisse, je m'en vais faire mes bagages pour l'Allemagne, pays où je n'ai pas à contenir et à réguler mes émotions (dont la colère) sur une base horaire face à autant de passivité.

mardi 2 juin 2009

Dernières heures à Montréal

Il ne me reste que quelques heures avant de prendre mon avion vers le Vieux Continent. C'est en disant au revoir aux dernières personnes passées à mon appartement hier (oui, rien de tel que faire une soirée la veille de son départ alors que les bagages ne sont pas encore faits) que ça m'a réellement frappé que je pars pour une année. La nuit a été passée en partie à mettre dans un gros sac à dos ce que j'aurai besoin en un an avec une limite de 23 kilos. C'est peu, mais faisable.

Les derniers préparatifs sont terminés. L'appartement est rangé, les dossiers sont terminés, les amis et la famille ont été vus; il est maintenant l'heure de s'en aller.

J'avoue que j'aurai envie de rester, mais je crois que je vais en profiter beaucoup une fois rendu en France. Donc, mon prochain mot viendra donc de l'autre côté de l'Atlantique.

Au revoir et à bientôt!

jeudi 28 mai 2009

Rage contre la bureaucratie française

La bureaucratie française est reconnue mondialement comme étant aussi plaisant que se rouler nu et couvert de miel dans un champ de roses épineuses rempli d'abeilles. Deux environ quatre mois, j'accumule mille et un documents (original et cinq photocopies de chacun, au cas où) et j'ai travaillé beaucoup pour réguler mes émotions et ne pas laisser la colère et l'impatience m'envahir.

Juste pour vous expliquer le délire pour se faire un visa TEMPORAIRE, il faut tout d'abord se créer un profil sur un site Internet et annexer une lettre de motivation, une présentation du projet, un CV, des relevés de notes (en format JPEG, 300 ko maximum, rien de moins...) et un scan du passeport. Ensuite, ils te convoquent pour une entrevue pour voir si tu es assez motivé pour qu'ils délivrent un visa. Tu dois ensuite fixer un autre rendez-vous, un à deux mois plus tard, car les cons ne sont ouverts que de 8h à midi...

Donc, après avoir rempli mon profil et fait mon entrevue de motivation, j'ai réussi à avoir une rencontre seulement ce midi bien que j'ai fait l'entrevue plus d'un mois auparavant. Le monsieur du visa était au-delà du désagrable. Il dégageait tellement d'hostilité que je me sentais agressé avant même de m'assoir sur la chaise. Sur un ton bête, il demande mon passeport et disparaît pour une dizaine de minutes. Il revient pour me dire que ça ne va pas être possible car ils changent les lois adminstratives lundi prochain et que j'aurai alors un ancien visa et qu'il y aura des complications rendues en France, car ils ne vont pas comprendre pourquoi j'ai une vieille version d'un visa (alors qu'il ne date que de quelques jours). La colère monte en moi. Évidemment, une période de transition, ils ne connaissent pas ça. Est-ce trop demandant d'avertir les gens auparavant des complications possibles si on voulait faire un visa à ce moment-là sur leur petit site web?

Je n'ai pas le choix, il faut que je parte le 2 juin. On s'occupera des complications plus tard. Le monsieur avec l'attitude désagréable me demande tous mes documents les uns après les autres. Je les lui tends un à un, et je dois avouer que je commence à devenir un peu sec dans mon ton de voix. Il me demande de me calmer. Je lui réponds que son attitude m'agresse et que s'il veut que je dépompe, qu'il vaille mieux qu'il sourisse ou qu'il fasse semblant d'être serviable. Tu travailles avec le public, criss! Vient ensuite le document de la banque justifiant mes moyens d'existence (je n'aime ce terme mais bon...) et il me dire de revenir le lendemain car l'étampe et la signature se trouvaient dans un document en annexe. Il s'en câlisse si c'est bel et bien un document officiel; l'étampe est mal située sur la feuille. À ce moment-là, je rêvais d'avoir une brique et le frapper à maintes reprises au visage, surtout sur sa petite gueule de Français chiant. Ils se demandent ensuite pourquoi ils sont détestés partout dans le monde... Donc, je reviens lundi avec le papier de la banque avec l'étampe bien à sa place et ils sont mieux de me délivrer mon visa en bel et due forme. Sinon, j'annule tout et je reste à Montréal.

Bref, si vous avez un punching bag, passez-le moi: j'en ai réellement besoin.

samedi 23 mai 2009

Étude prospective sur un Québécois à Paris

Mise en contexte : Je pars étudier à Paris pendant un an, à partir du 2 juin 2009. J'ai décidé il y a plus d'un an d'effectuer un doctorat en cotutelle en sciences biomédicales (à l'Université de Montréal) et en psychologie cognitive (à l'Université de Paris 5 - René-Descartes), et maintenant, le tout se concrétise.
Objectifs : Ce blog permettra aux gens de suivre mes aventures sur le Vieux Continent, et ainsi avoir de mes nouvelles sur une base régulière.
Méthodes : Tout d'abord, il faudra déjouer toutes les complications que peuvent poser la bureaucratie française. Les variables à l'étude seront: visa de long séjour, compte de banque, logement, transport, carte de séjour temporaire, inscription auprès de la préfecture et assurances. Ensuite, après avoir réglé la partie administrative, j'amorcerai ma recherche à l'Hôpital Pitié-Salpêtrière, me faire de nouveaux amis à Paris (est-ce possible?), approfondir mes connaissances de l'Europe par le voyage, et m'immerger dans la culture française. Le matériel nécessaire comprend une bonne dose de diplomatie, des cartables de documents officiels, un esprit ouvert et curieux, et beaucoup de mentalisation.
Résultats anticipés: J'espère acquérir des connaissances et des compétences tant sur le plan professionnel que personnel. Il est attendu que je comprenne mieux les Français et les Européens dans leur environnement naturel. Finalement, une plus grande part d'autonomie sera acquise.
Conclusion: Afin de suivre mon évolution en terre française, il est recommandé que ce blog soit lu de manière assidue et que des commentaires soient laissés périodiquement par les lecteurs.