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lundi 10 mai 2010

Rouen



Depuis 2006, je travaille en tant que psychométricien à l’Hôpital Rivière-des-Prairies. Mon boulot consiste à effectuer sur une base hebdomaidaire une entrevue diagnostique semi-structurée, le K-SADS-PL (Schedule for Affective Disorders and Schizophrenia for School-Age Children - Present and Longitudinal Version). En gros, je rencontre les parents d’un adolescent pendant environ deux heures et je leur pose des questions sur la présence, l’intensité et la fréquence d’une centaine de symptômes psychiatriques afin de faire ressortir les diagnostics possibles (dépression, trouble bipolaire, schizophrénie, trouble d’anxiété généralisée, état de stress post-traumatique, anorexie, trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, pour en nommer quelques uns). Donc, cette entrevue est codifiée et elle est souvent utilisée dans les recherches en psychiatrie pour confirmer des diagnostics cliniques.

Dans le but de bâtir une collaboration France-Québec sur la prévention du suicide, on m’a demandé d’aller donner une formation sur la manière d’administrer le K-SADS-PL, afin que les centres de recherche aient à peu près le même protocole de recherche. Bref, c’est ainsi que je me suis retrouvé à Rouen pendant deux jours.



Je vous épargne le déroulement de la formation, et je vais donc me concentrer sur la ville en soi. Donc, Rouen est situé en Haute-Normandie, à une heure de train de Paris (Gare St-Lazare), ce qui permet de faire un aller-retour facilement dans la même journée. Ce qui frappe surtout en se promenant dans la ville, et surtout dans le cœur historique sur la rive droite (la Seine sépare la ville en deux rives), ce sont le nombre de maisons à colombages. Malgré les violents bombardements que Rouen a subit lors de la 2ème Guerre Mondiale, il reste encore plusieurs vestiges du temps passé. Il est encore possible de voir la tour Jeanne d’Arc, où la Pucelle a été emprisonnée, et la Place du Vieux-Marché, où elle a connu son supplice. À quelques pas, on tombe sur le Gros-Horloge, une horloge astronomique du 14e siècle, et un peu plus loin, la Cathédrale Notre-Dame. Bien qu’en restauration, il est impossible de ne pas être émerveillé par la beauté de l’architecture gothique. Elle a d’ailleurs inspiré Claude Monet, qui l’a peinte sous différentes angles selon le moment de la journée et l’ensoleillement.

Bien que Rouen est une petite ville en termes de superficie, elle a beaucoup à offrir à un touriste qui y passe une journée ou deux. L’art gothique est partout, et je crois personnellement que je n’ai pas assez de doigts pour compter le nombre de bâtiments de style gothique, en particulier les églises. En gros, une promenade dans Rouen, c’est marcher à travers le temps, du 13e siècle jusqu’à nos jours. En effet, tandis que la rive droite est surtout historique, la rive gauche est moderne. Celle-ci n’est pas tellement intéressante pour une balade : tours à bureaux et logements modernes ternes parsèment les rues destinées à l’automobile.

Donc, quelques heures à Rouen après chaque de formation m’ont permis d’avoir un bref aperçu de la ville. J’ai très peu d’idée sur la vie rouennaise et l’atmosphère générale de la ville, mais pour se balader, c’est idéal.



Fontainebleau et Auvers-sur-Oise

La fin de semaine du 23-25 avril, j’étais sensé aller à Londres, mais un volcan a voulu des siennes, et il valait mieux attendre un peu, le temps que les aéroports reprennent leur rythme de croisière habituel. Comme je n’avais pas trop le temps de revirer de bord pour me trouver une destination rapidement à un prix abordable et pas trop loin (car les trains et les autobus étaient les seules options valables), j’ai dû me résigner à rester en région parisienne.

Ainsi, samedi, ce fut direction sud à Fontainebleau. J’avais entendu parler à plusieurs reprises de cette ville connue surtout pour son château et son immense forêt, et ces derniers temps, le métro semble vraiment vouloir que les gens s’y rendent avec les publicités posées un peu partout. Donc, Fontainebleau est un petit village à 45 minutes de train de Paris. Si peu de distance, et c’est déjà la campagne. Même si c’est encore la région parisienne, nous avons l’impression d’être en province. Petit village avec sa mairie, son office du tourisme, sa fontaine avec sa place publique, quelques petits cafés et restaurants autour de cette dite place. Le château a été le lieu de résidence de plusieurs rois de France, dont François Ier. Très beau château, mais sans rien de particulier en soi. C’est l’éternel visite des différentes pièces avec une explication des fonctions de chacune, ainsi que leurs anecdotes historiques rattachées. Pour la forêt, faute de temps, je n’ai pas pu y aller, malgré mes fortes envies de vouloir y faire des randonnées. Réputée d’être assez dense, il est possible d’y marcher des heures et se perdre, d’ailleurs, on suggère de vraiment suivre les chemins balisés (ce que j’aurai transgressé éventuellement). Bref, un samedi gentil, mais sans particularité.

Le lendemain, après des mois et des mois à me dire que je devrai aller à Auvers-sur-Oise pour visiter le musée de l’absinthe, j’ai finalement réalisé ce désir. Auvers-sur-Oise se trouve au nord de Paris, très loin de la ville. D’ailleurs, l’accès y est assez compliqué (lire ici : faire mille et un transferts de bus/trains/RER), mais ça en vaut le coup. La ville est connue pour avoir été le dernier lieu où a vécu Vincent Van Gogh. Au cours de son court séjour à Auvers-sur-Oise, il a produit plus de 80 peintures, en raison d’une à deux par jour. Ici, c’est également la vieille campagne française. J’ai donc passé la journée à me balader à travers les rues du village, le long des sentiers à travers les champs, etc. Parmi les attraits touristiques, il y a donc le fameux musée de l’absinthe tenu par Marie-Claude Delahaye, la grande spécialiste dans le domaine. On peut admirer les affiches liées à cet alcool diabolisé (lire mon précédent message à ce sujet), ainsi qu’une collection assez impressionnantes de cuillères. Bref, après des mois d’attente, la visite a été à la hauteur de mes attentes. Étant à Auvers-sur-Oise, j’en ai profité pour visiter la demeure du Dr Gachet qui a traité Van Gogh vers la fin de sa vie, ainsi que la chambre minuscule et inintéressante (il n’y a qu’une chaise dans une chambre vide de 7m2; la joie de payer 6 euros pour ça) que ce cher Van Gogh avait louée au-dessus d’un restaurant. Donc, ce dimanche fut beaucoup plus intéressant que le samedi. La beauté d’Auvers-sur-Oise est assez prenante, et on comprend pourquoi le village a tant inspiré Van Gogh.


mardi 27 avril 2010

Redécouvrir Paris


Du 5 au 21 avril, j’avais un ami québécois, Michel, qui me rendait visite. C’était son premier gros voyage, et il a décidé de consacrer deux semaines à la Ville-Lumière. Passionné d’histoire et de culture française, c’était un passage obligé. Après des années à l’entendre rêver de Paris, il a enfin décidé de se prendre un billet d’avion et tenter l’aventure. Je crois que mon petit appel à son anniversaire il y a plus de huit mois a été l’élément décisif.

C’était assez particulier d’être en compagnie d’une personne qui avait les yeux brillants devant tant de monuments historiques, qui frissonnait presque en empruntant les rues où ont foulé de grands personnages historiques, lorsque soi-même on a vu et revu Paris, jusqu’à ne plus comprendre pourquoi les touristes trouvent la ville si enchanteresse et merveilleuse. En fait, Michel lors de son séjour, c’était moi il y a cinq ans qui découvrait la France et l’Europe.

Pourtant, je m’étais promis que durant son séjour, j’allais essayer de redécouvrir Paris, de la voir comme je l’avais perçue la première fois. Difficile tâche puisque mon expérience à l’hôpital, mes tentatives vaines de socialisation, et mes luttes contre l’administration française ont pas mal terni ma vision de l’univers parisien.

Récapituler plus de deux semaines serait un peu long et pénible. Quelques moments par contre nécessitent le détail.


Au cours de la première semaine, nous avons soupé chez Sandra, mon ancienne coloc d’il y a cinq ans, à Montgeron (banlieue parisienne). Ce fut un moment marquant, surtout pour Michel, car il a pu rencontrer des Français qui lui montraient une vision de la France telle qu’elle est vécue par ses habitants. D’ailleurs, il s’est lié d’amitié très rapidement avec Sandra, Antoine et Isabelle (deux amis proches de Sandra).

Autre moment agréable fut la visite au Musée d’Orsay. C’est un musée portant sur l’art impressionniste et il regroupe plusieurs œuvres importantes de Van Gogh, Monet, Manet, Cézanne, Gauguin, etc. J’avais réussi à convaincre Michel de m’accompagner, car il n’était pas chaud à l’idée de visiter un musée d’art au départ (lui étant plutôt du versant historique). Je suis personnellement heureux de lui avoir fait découvrir l’art, et ça me rappelait mes premières réticences à perdre mon dimanche après-midi enfermé à voir des tableaux et des sculptures. Plus modeste et beaucoup moins mégalomaniaque que le Louvre, le Musée d’Orsay est d’une taille humaine tout en restant grandiose dans ce qu’il a à offrir. Raison principale pourquoi je voulais l’entraîner là? Tout simplement parce qu’il y avait une exposition intitulée « Crime et châtiment » qui retrace l’histoire du crime, des condamnations, et des châtiments (humains et célestes) à travers l’art, ainsi que quelques éléments sur la médicalisation du crime. Ce fut l’une des plus belles expositions que j’ai vues à ce jour, et comme le Dr Guilé, mon directeur de thèse, l’avait si bien prédit, je suis ressorti avec le catalogue de l’exposition de 500 pages sous les bras… 

(Début de parenthèse : D’ailleurs, il faut que je retranscrive (assez librement) cette fameuse conversation qui a eu lieu quelques semaines auparavant :

Dr Guilé : Il y a une exposition sur la Sainte-Russie au Louvre qui pourrait vous intéresser [oui, après plus de cinq ans, on se vouvoie encore mutuellement].
Moi : Il y a aussi une exposition à Orsay, « Crime et châtiment », que je voudrai voir. Vous en avez entendu parler?
Dr Guilé : Oui. Vous devez la voir. C’est tout à fait vous. Je crois que vous allez adorer et vous devez vous ramener le catalogue de l’exposition, bien sûr.

Fin de la parenthèse.)

Évidemment, en voyant autant d’œuvres impressionnistes, je me devais de faire mon tour guidé de Montmartre à Michel… qui a suivi immédiatement la visite du musée. Sinon, autre coin touristique a été le château de Vincennes. Personnellement, je crois avoir vu trop de châteaux médiévaux que ça ne me fait plus aucun effet d’en voir un, mais ce fut un moment qui a été agréable à partager avec lui.
Un jeudi, on s’était donné rendez-vous avec Antoine et Sandra au Carrousel du Louvre pour lui faire visiter Paris. Petite visite au Palais de Justice, à l’Hôtel-Dieu, chez Berthillon (les meilleures glaces au monde, et que personne ne vienne me contredire à ce sujet… juste regardez la liste des parfums offerts sur leur site : http://www.berthillon.fr), etc. D’ailleurs, Berthillon est probablement le seul commerçant de glaces qui ferme ses portes durant la période estivale. Ils ont poursuivi leur visite près du Ménilmontant et des Buttes-Chaumont tandis que je me suis dirigé vers la Bastille pour voir une exposition sur les pochettes de vinyles (oui, l’influence de mon frère concernant l’art, et particulièrement l’univers de la musique, est assez grande) avec un ami avant de retrouver Michel, Sandra et Antoine pour une soirée vins et fromages chez Patrick, qui hébergeait deux Québécoises d’Abitibi. Michel a donc bu sa première bouteille de vin (bon… c’était du vin blanc qui ne goûtait pas grand-chose… mais il faut bien commencer quelque part).
Le lendemain, en soirée, après un petit resto (toujours avec Sandra, Antoine et Isabelle) près de la Bastille, on est allé à la Tour Eiffel pour faire une visite de la ville en bateau-mouche. Oui, la chose plus touristique à faire que j’ai réussi à éviter pendant cinq ans… bon bien, c’est fait. Très joli de voir les bâtiments historiques éclairés la nuit et de passer sous les multiples de ponts. Toutefois, commentaires audio atroces (surtout les versions anglaises et allemandes… de quoi s’écorcher les oreilles avec l’accent français expressément exagéré selon moi), on repassera.
Le samedi, on a fait (toujours avec le même beau monde) un tour du beau Paris historique avec les Vélib’, les vélos « gratuits ». Dans le concept, c’est bien. En pratique, c’est une autre histoire si c’est la première fois. Sans explication claire et précise, pour sortir six vélos, cela nous a pris une bonne demi-heure (et je soupçonne plus). Et on comprend le français! Bref, la première demi-heure a été facturée sans qu’on n’ait fait un seul tour de pédale… Faire de la bicyclette à Paris, finalement, ce n’est pas pire que Montréal, mais c’est vrai que les pavés, ça donne l’impression qu’on est en pleine crise d’épilepsie sur roue.
Avec l’histoire des cendres du volcan islandais et des grèves de train (la France était complètement paralysée en termes de transport), Michel a dû rester en France plus longtemps, car il n’y avait aucun moyen pour qu’il retourne à Montréal. Il a profité des 3-4 jours supplémentaires chez Sandra (pour des questions pratiques de transport s’il devait se rendre à l’aéroport rapidement), passait ses journées avec Antoine (pendant ce temps, j’étais à Rouen pour donner une formation), et on soupait tous ensemble en soirée.
Bref, son séjour a été apprécié et m’a permis de revoir Paris d’un autre point de vue, celui de la personne qui visite et découvre. J’avoue avoir pu découvrir des coins de Paris que je ne connaissais pas encore, et c’est bien de pouvoir se dire qu’après tout ce temps, je réussis encore à me faire surprendre par la ville.
Pour avoir le détail des impressions de Michel de son voyage, vous pouvez consulter son blog à cette adresse : http://avrildansparis.blogspot.com/


lundi 19 octobre 2009

Montmartre

Malgré le fait que Montmartre soit l'un des quartiers touristiques, il n'en demeure pas moins que j'aime beaucoup ce coin de Paris. Ceci est d'ailleurs assez étrange, car les pièges à touristes se trouvent à chaque coin de rue. Ici, nous avons droit, en plus des cartes postales et des affiches vues mille fois (Le Chat Noir, Aristide Bruant, etc.), des gens déguisés à la mode Belle Époque, des peintres et des caricaturistes, et j'en passe. Avec le nombre de touristes qui s'attendent à voir le Paris cabaret, le Paris canaille, il est difficile de marcher sans faire du slalom humain. Depuis le film "Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulin", la popularité du quartier est encore plus importante auprès des étrangers.

Même si le quartier a tout pour être désagréable, il existe une beauté et un charme que je ne peux nier. Les escaliers, les rues sinueuses, les côtes, les pavés, les vignes grimpantes, tous ces éléments contribuent à faire du quartier un endroit où il fait bon se promener. Son histoire aussi en est pour quelque chose. Les nombreux artistes qui ont vécu au cours du dernier siècle ont fait de Montmartre ce qu'il est aujourd'hui.

Il y a quelques temps, j'ai assisté à une conférence en deux journées (pour un total de trois heures environ) sur l'histoire des cabarets de Montmartre. Sans vous refaire un résumé exhaustif, je vais juste mentionner quelques points que j'ai retenu.

- Commençons d'abord avec Le Lapin Agile: le nom vient d'une image d'un lapin sautant d'une casserole figurant devant ce cabaret et dessinée par André Gill. Au départ, le cabaret s'appelait "Aux assassins" à cause d'une peinture d'un tueur à l'intérieur de l'endroit. C'était un repère idéal pour les artistes qui voulaient fuir un peu Paris (en ce temps-là, Montmartre était une campagne avec des moulins et des vaches).

- Les artistes ont émigré à Montmartre à cause de la répression policière qui sévissaient dans le Quartier Latin, où se trouvent les universités, et par conséquent, tous les étudiants. En fait, il faut savoir que le véritable Montmartre se trouve en bas de l'actuelle Butte Montmartre. À l'exception de quelques artistes à la recherche de lait frais pour récupérer d'un nuit trop arrosée par l'alcool, peu de gens montait la côte. Ironie donc que les touristes montent les escaliers et s'essouflent à gravir la Butte Montmartre, sans se douter qu'ils sont au "mauvais endroit"!

- Le Chat Noir a déménagé et il y a eu une grande procession du premier local au deuxième.

- En dansant, les filles pouvaient "s'éventrer" en faisant le grand écart, se déchirant les muscles et ligaments.

- Les artistes protégeaient les prostituées des proxénètes (pimps) en les hébergeant et en les prenant pour modèles.

Il serait trop long pour moi d'écrire tout ce que j'ai pu apprendre sur le quartier. J'espère que cette petite introduction permettra à certains d'approfondir davantage le sujet à travers quelques bons livres à la bibliothèque. Il y a aussi l'option de venir à Paris, et je vous ferai un tour du quartier rempli de plusieurs anecdotes!

Bref, pour moi, Montmartre reste un incontournable de Paris. Peut-être est-ce pour cette raison que les touristes se sentent obligés de faire un détour là-bas!

mardi 8 septembre 2009

Les Alpes françaises

Après un (trop) bref séjour en Allemagne, je suis revenu en France, en faisant une petite escale de quelques jours dans la région de Grenoble. Je voulais dire bonjour à Tony, un Français d'origine italienne rencontré à Montréal il y a plus d'un an, ainsi que voir l'endroit où j'ai failli aboutir il y a quatre ans pour mon stage de fin d'études pour le baccalauréat en sciences biomédicales. Pour ceux qui ne le savaient pas, j'étais supposé aller le développement de la cuisse de la grenouille là-bas. À la dernière minute, ils ne pouvaient plus m'accueillir, et on m'avait offert un stage à Paris en pédopsychiatrie comme unique option pour un stage en France. Quatre ans plus tard, vous savez où je suis maintenant rendu!

Pour être assez honnête, je n'ai pas trop vu Grenoble. En fait, les hautes montagnes m'ont tellement marqué dès la première seconde que je les ai vues que voir la ville en elle-même ne m'intéressait pas réellement. Bien que jolie, Grenoble ne s'est pas démarquée des autres villes que j'ai déjà visitées.

Alors, qu'ai-je fait pendant quatre jours, si je n'ai pas réellement visité la ville? La première journée a été consacrée en grande partie à la visite de la distillerie de la Chartreuse, liqueur alcoolisé concocté par des moines qui s'adonnent le mutisme le plus complet. Selon la légende, seulement deux moines connaissent la recette de cet élixir de vie composé d'au-delà d'une centaine de plantes. Plusieurs tentatives ont été effectuées au cours des siècles pour découvrir la composition complète de cette liqueur, mais sans succès. Plusieurs essais de reproduction ou de copie, rien n'a pu égaler l'original. Aujourd'hui, la Chartreuse existe sous plusieurs formes: la Verte (la plus connue qui titre à 55% environ), la Jaune (plus sucrée, à 40%), l'Élixir (le concentré à 70%), ainsi que d'autres produits. Le musée offre également la possibilité de déguster gratuitement les différents alcools.

À la suite de la visite au musée, Tony et moi sommes allés dans les montagnes se promener autour du monastère des Chartreux. Une vue à couper le souffle pour quelqu'un qui n'a jamais connu les hautes montagnes. Les Alpes sont vraiment de toute beauté. Indescriptible.

Le lendemain, comme il faisait très chaud, nous sommes allés nous balader dans les montagnes près de Sassenage, et on s'est baigné dans les chutes d'eau. Glaciale elle était, mais ô combien rafraichissante! Un petit détour en après-midi à Grenoble pour une exposition d'art comtemporaire sur les années 80. Très intéressant pour moi; ennuyant pour Tony. Comme quoi, tous les goûts sont dans la nature. Ensuite, retour dans les chutes d'eau dans les montagnes pour ma part... tandis que Tony est retourné se reposer chez lui.

Ma dernière journée complète à Grenoble a été consacrée à une balade dans Sassenage et les alentours (je n'ai pas noté la distance, mais ça a été un bon quatre heures sous un soleil plombant). Sur le chemin, un château, des petites rues plus vieilles que la ville de Montréal, des vignobles (le raisin était chaud et sucré), des pistes pour faire du cheval, des cours d'eau, etc. Bref, agréable si on est habitué à bouger sous le soleil (ce qui n'était visiblement pas le cas de Tony qui cherchait à se réfugier à l'ombre le plus rapidement que possible).

Vendredi midi, j'ai pris le train vers Paris après avoir un peu marché dans les rues de Grenoble. Fin des vacances, fin du voyage. Deux semaines ailleurs de Paris m'ont permis de prendre du recul, me ressourcer, reprendre mes forces pour affronter la prochaine session universitaire. Bref, des vacances reposantes et agréables qui m'ont permis de revoir tout plein de gens que j'ai rencontrés au cours de la dernière année.



Et quelques photos pour terminer:

Le château de Sassenage

Petite rue étroite

Zone de silence autour du monastère

Futur vin

Grenoble avec les Alpes en arrière

lundi 20 juillet 2009

14 juillet

Le 14 juillet est la fête de mon amie de longue date, Anne. Elle aura 25 ans cette année. Je lui souhaite donc bonheur et amour pour ce quart de siècle.

Le 14 juillet est aussi la fête nationale de la France. Pour une 2e fois, je n'ai pas pu voir le défilé à 9h du matin sur les Champs Élysées... trop tôt pour moi... et voir Sarkozy et Carla Bruni saluer la foule n'est pas une raison assez forte pour me lever à 7h du matin un jour de congé.

Ainsi, j'ai passé la journée à me balader avec Mohammad, un couchsurfer iranien, à travers le 11e arrondissement, de la Gare de Lyon au Cimetière du Père Lachaise, et une longue marche d'Opéra au Parc de la Vilette, où se trouve la Cité des Sciences. Pour ceux qui ne le savent pas encore, j'aime marcher.

En fin d'après-midi, je suis allé rejoindre Patrick au bord du canal de l'Ourcq pour un petit pique-nique. Ciel plutôt claimant, quoique le vent faisait bien sentir sa présence. Vers 20h, nous nous sommes déplacés au Louvre pour voir le feu d'artifice. Le pique-nique s'est poursuivi avec d'autres gens fort sympathiques. Bref, j'ai recréé à quelques détails près le même type de 14 juillet en 2005 avec Pascal, David et Philippe (défilé manqué dû à une incapacité à se lever, longue marche à travers Paris toute la journée, pique-nique en soirée au Louvre pour le feu). Qui a dit que je n'aimais pas la routine ?!

Je trouve ça étonnant qu'un lieu aussi touristique comme le Louvre soit presque désert le 14 juillet... et surtout qu'on a une belle vue de la Tour Eiffel d'où partent les feux d'artifice. D'ailleurs, cette année marque le 120e anniversaire de la Tour et les animations portent autour de ça. Très beau feu d'ailleurs. Que du plaisir au cours de toute cette journée, en gros. J'ai finalement bien de ne pas aller au Champ de Mars pour voir le show de Johnny Halliday...

Le Louvre: notre "spot" pour voir les feux d'artifice.


Corinne et Dan

Mohammad

La Tour Eiffel la nuit, vue du Louvre

Tentative ratée d'une photo d'un feu d'artifice

jeudi 16 juillet 2009

Justine et Marie-Hélène

J'ai reçu récemment la (trop) courte visite de Justine, une amie de Montréal depuis bientôt sept ans, et Marie-Hélène, sa coloc, dans la Ville Lumière. Les filles faisaient un énorme tour de l'Europe depuis deux mois. Ce fut très agréable de se revoir, et je suis heureux d'avoir pu être le premier à écouter leurs récits de voyage.

Donc, un séjour ponctué de croissants au beurre, de recherche de CDs quétaines (Hélène Ségara, Claude François, Johnny Holliday), de vin, de fromages, et de beaucoup de café... ah oui, et de rires inévitables à entendre la voix féminine sensuelle qui disait "Ce train a pour destination Plaisir-Grignon et desservira toutes les gares jusqu'à Plaisir-Grignon" dans le train pour aller chez moi. Leur séjour a aussi inauguré les premières personnes à qui je faisais visiter un peu Paris depuis mon arrivée. Petite marche donc débutant sur le boulevard St-Michel, où se trouvent plusieurs disquaires et de libraires d'occasion. Ensuite, nous avons longé la Seine jusqu'au Pont des Arts, connu pour les rencontres clandestines qui se faisaient là à une autre époque, pour traverser ensuite le Louvre dans le but de se trouver un restaurant typiquement français. Le Messana offre une formule à 13 euros qui inclut un plat principal (crêpes salées, salades, croque-monsieur ou madame) et un dessert (crème brûlée, crème glacée, pâtisseries). Service agréable, et repas assez copieux.

Pour digérer le tout, nous avons marché jusqu'au Sacré-Coeur, en passant devant l'Opéra Garnier, en remontant la rue Blanche, en faisant voir aux Woody (les filles avaient apporté deux figurines du cowboy de Toy Story) le Moulin Rouge et Pigalle, en photographiant le Café des 2 moulins (là où le film Le fabuleux destin d'Amélie Poulain a été tourné), en montant les pentes sinueuses de Montmartre, en escaladant quelques escaliers du même quartier, etc. Bref, un bon trajet pour une marche digestive!

Bref, leur séjour m'a permis de rédécouvrir des rues que j'avais un peu oubliées, et d'apprécier à nouveau ce qui m'avait tant aimé Paris lors de mon premier séjour il y a quatre ans. Pour la première fois depuis, je me sentais véritablement en train de vivre et d'habiter la ville en la montrant à d'autres. Autre chose comique, j'avais dit aux filles que même si elles avaient vraiment hâte de retourner au Québec et revoir leurs familles et leurs amis, elles seront quand même un peu tristes à leur retour, car malgré toutes les emmerdes, le fait de repenser à un voyage rend toujours les gens un peu nostalgiques... J'ai comme l'impression que j'ai fait un peu de projection!

dimanche 14 juin 2009

Une fin de semaine en région parisienne

Ma deuxième fin de semaine en France s'est déroulée sans un seul passage dans Paris intra-muros. Voir de la verdure, respirer l'air frais, ça donne une bonne pause du rythme rapide de la ville.

Samedi soir, Mélodie, ma coloc, avait organisé un BBQ dans une section du potager du roi à Versailles. Ici, on parle d'un gigantesque potager sur quelques kilomètres carrés. Elle travaille là-bas et elle fait pousser des radis, des épinards, des laitues, des haricots, etc. Bref, je crois que cet été, on aura beaucoup de légumes frais dans notre assiette. Pour revenir au BBQ, ce fut une réunion d'une dizaine d'amis de mes deux colocs. Détail intéressant: ils ont tous vécus dans le même appartement, mais à des périodes différentes. Au loin, je pouvais voir la Cathédrale St-Louis de Versailles bénite en 1754.

Un petit jeu de société (Wanted! Dead or Alive) et hop, on enchaîne sur le petit feu qui nous servira à cuire nos merguez, poulets, steaks, etc. Bref, ce fut une belle soirée sous un ciel clair et une température des plus agréables.

Dimanche en avant-midi, j'ai rejoint Brice et sa copine, Aurélie, à la gare de Jouy-en-Josas, à quelques kilomètres de St-Cyr-l'École. Brice s'était procuré un guide qui proposait une balade de 13 km en 3,5 heures en suivant la Bièvre, une rivière qui prend source à Bouviers dans le département des Yvelines et qui se jetait autrefois dans la Seine près de l'actuelle Gare d'Austerlitz à Paris. Elle a d'ailleurs servi à alimenter les fontaines du château de Versailles grâce aux viaducs de Buc. Notre trajet était de suivre la rivière autant que possible en passant par Jouy-en-Josas, Les-Loges-en-Josas, Buc, Guyancourt, et Saint-Quentin-en-Yvelines. Le trajet était très boisé, avec quelques rares pentes à monter et à descendre. Bref, belle petite balade qui a pris plus de quatre heures car on s'est souvent égarés (le guide comportait quelques erreurs pour la gauche et la droite). Bref, j'ai maintenant les jambes fatigués, mais bien content d'avoir passé mon après-midi à marcher sous un soleil agréable.


Et quelques photos de ma balade: